Usagers & patients face à la COVID-19 : vos questions, nos réponses

Fais-je partie des populations à risque ? Dois-je arrêter mon traitement ? Dois-je reprendre mon activité professionnelle ?

Depuis le 30 octobre, un nouveau confinement a été mis en place afin de freiner la reprise brutale de l’épidémie de covid-19. Si les gestes barrières sont plus que jamais de rigueur, de nouvelles questions font surface sur les bons gestes à adopter et les précautions à prendre pour la protection des personnes les plus à risque.

Consignes sanitaires et populations à risques

Quel comportement adopter ? Comment savoir si je fais partie d’une population à risque ? L’ensemble des réponses à ces questions sont disponibles ici.

Dois-je reprendre mon activité professionnelle en tant que personne à risque ? Le certificat d’isolement est-il toujours valide ?

Suite à un nouvel avis du HCSP en date du 29 octobre, un décret paru au Journal officiel du 11 novembre a modifié les dispositions concernant l’accès au chômage partiel des salariés à risque.

Les situations désormais concernées sont :

1/ Etre âgé de 65 ans et plus ;
2/ Avoir des antécédents (ATCD) cardio-vasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
3/ Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
4/ Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale : (broncho-pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;
5/ Présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;
6/ Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
7/ Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
8/ Etre atteint d’une immunodépression congénitale ou acquise :

  • médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
  • infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
  • consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
  • liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;

9/ Etre atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
10/ Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
11/ Etre au troisième trimestre de la grossesse ;
12/ Etre atteint d’une maladie du motoneurone, d’une myasthénie grave, de sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson, de paralysie cérébrale, de quadriplégie ou hémiplégie, d’une tumeur maligne primitive cérébrale, d’une maladie cérébelleuse progressive ou d’une maladie rare ;

Ces personnes, si elles ne peuvent bénéficier du télétravail, peuvent solliciter leur médecin traitant afin qu’il leur délivre un certificat médical à remettre à leur employeur pour pouvoir demander à bénéficier du chômage partiel.

Néanmoins le décret introduit désormais la possibilité pour l’employeur de s’opposer au chômage partiel du salarié s’il indique que toutes les conditions de protection renforcée sont mises en place, à savoir :

  • L’isolement du poste de travail, notamment par la mise à disposition d’un bureau individuel ou, à défaut, son aménagement, pour limiter au maximum le risque d’exposition, en particulier par l’adaptation des horaires ou la mise en place de protections matérielles ;
  • Le respect, sur le lieu de travail et en tout lieu fréquenté par la personne à l’occasion de son activité professionnelle, de gestes barrières renforcés : hygiène des mains renforcée, port systématique d’un masque de type chirurgical lorsque la distanciation physique ne peut être respectée ou en milieu clos, avec changement de ce masque au moins toutes les quatre heures et avant ce délai s’il est mouillé ou humide ;
  • L’absence ou la limitation du partage du poste de travail ;
  • Le nettoyage et la désinfection du poste de travail et des surfaces touchées par la personne au moins en début et en fin de poste, en particulier lorsque ce poste est partagé ;
  • Une adaptation des horaires d’arrivée et de départ et des éventuels autres déplacements professionnels, compte tenu des moyens de transport utilisés par la personne, afin d’y éviter les heures d’affluence ;
  • La mise à disposition par l’employeur de masques de type chirurgical en nombre suffisant pour couvrir les trajets entre le domicile et le lieu de travail lorsque la personne recourt à des moyens de transport collectifs.

Si le salarié est en désaccord avec son employeur, il peut saisir le médecin du travail afin qu’il statue sur la mise en œuvre de conditions de protection renforcée. Il sera placé en chômage partiel dans l’attente de l’appréciation du médecin du travail.

Les indépendants ainsi que les contractuels de la fonction publique et les fonctionnaires travaillant moins de 28h par semaine, peuvent de nouveau bénéficier d’arrêts dérogatoires par le biais du service de télédeclaration de l’Assurance maladie.

Concernant les fonctionnaires travaillant plus de 28h par semaine, une circulaire précise que ceux relevant des conditions inscrites dans le décret peuvent bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence.

Les exploitants agricoles peuvent de leur côté se télédeclarer sur le site de la MSA.

Les personnes cohabitant avec des personnes vulnérables ne sont  toujours pas concernées par les mesures dérogatoires.

Il est également possible pour les salariés et les indépendants  non identifiés dans la liste de solliciter leur médecin traitant qui pourra évaluer la possibilité d’un arrêt de travail, mais qui sera indemnisé dans les conditions de droit commun.

Distribution gratuite de masques chirurgicaux gratuits en pharmacie d’officine

Quelles catégories de personnes sont concernées   ?

  • les personnes malades de la covid-19 ;
  • les personnes considérées comme vulnérables et présentant un risque de développer une forme grave de covid-19 conformément à l’article 2 du décret n° 2020-1098 du 29 août 2020  ou aux avis du Haut Conseil de la Santé Publique en date des 19 juin  et 23 juillet 2020  ;
  • les personnes ayant été identifiées comme un “cas contact” dans le traitement de la Caisse nationale de l’assurance maladie dénommé “Contact covid”.
  • les accueillants familiaux mentionnés à l’article L. 441-1 du code de l’action sociale et des familles  et les salariés de l’aide à domicile employés directement par des particuliers pour des actes essentiels de la vie.

Sources :
Arrêté du 26 octobre 2020
DGS-Urgent 2020-51 – Évolutions de la doctrine de distribution de masques issus du stock Etat

Diagnostic et dépistage

Il existe deux types de dépistage : les tests virologiques et les tests sérologiques.

Les tests virologiques

Ils permettent de déterminer si une personne est porteuse du virus au moment du test, grâce à un prélèvement par voie nasale. L’Assurance Maladie aura accès aux résultats des tests lui permettant ainsi de contacter les patients zéro dans le cadre du contact tracing.

1/ Le test RT-PCR  s’effectue en laboratoire de biologie médicale. C’est le test de référence avec néanmoins 30 % de faux négatifs (vous avez contracté le virus mais le test n’a pas permis de le détecter). Pour en savoir plus, consulter le site de l’assurance maladie ici et consulter la liste des lieux de dépistage .

Il est utilisé et remboursé à 100 % dans les 3 cas suivants

  • la personne ne présente pas de symptôme du Covid-19 et n’a pas de prescription
  • la personne présente des symptômes du Covid-19
  • la personne est identifiée comme « cas contact » d’une personne contaminée (qu’elle présente ou non des symptômes)

Très important / délais pour effectuer un test RT-PCR :

  • Si le cas contact vit dans le même foyer que la personne contaminée, le test doit être réalisé dans un délai de 24 heures,
  • Si le cas contact ne vit pas avec la personne contaminée et qu’il ne présente pas de symptômes, il faut attendre au moins 7 jours après le dernier contact avec la personne malade avant de faire le test. En cas d’apparition de symptômes, le dépistage doit être réalisé sous 24 heures.

2/ Les tests antigéniques

Les tests antigéniques sont prioritairement réservés aux personnes symptomatiques et ne sont en aucun cas destinés aux personnes contacts qui doivent réaliser un test RT-PCR selon les délais recommandés.
Les tests antigéniques peuvent être effectués par un médecin, un pharmacien, un (e) infirmier (e) dans un délai inférieur ou égal à 4 jours après l’apparition des symptômes.
Les tests peuvent être également utilisés pour des personnes asymptomatiques lorsque le médecin, le pharmacien ou l’infirmier(e) l’estime nécessaire. Ces personnes asymptomatiques ne doivent pas être cas contact ou détectées au sein d’un cluster.
Les tests peuvent aussi être utilisés dans le cadre d’opérations de dépistage collectif, organisées notamment par l’employeur ou une collectivité publique au sein de populations ciblées, en cas de suspicion de cluster ou de circulation particulièrement active du virus.

Que se passe-t-il après l’annonce du résultat ?

Plus d’informations sur le site de l’Assurance maladie ici 

Si je suis testé positif à un test virologique

Vous êtes contactés par les services de l’Assurance Maladie pour confirmer ou compléter la liste qui aura peut-être déjà été constituée avec votre médecin. L’échange consistera à retracer l’historique des contacts rapprochés que vous avez eu à compter de 48 heures avant l’apparition des symptômes ou 7 jours avant en l’absence de symptômes.

Les informations à fournir concernent l’identité des « personnes contacts » (nom, prénom, date de naissance), ainsi que les coordonnées permettant de les joindre (téléphone, adresse, numéro de Sécurité sociale ou courriel). Les professionnels recueillant ces informations sont soumis au secret professionnel.

Jusqu’à présent ce contact « tracing » de l’assurance maladie n’a pas été systématique, notamment lors des moments de pics épidémiques

Au moment de l’identification de la liste de contacts, le patient est libre de donner ou non son consentement pour que son identité soit révélée à ses « personnes contacts ».

La liste des « personnes contacts » identifiées sera intégrée dans un système d’information sécurisé appelé « Contact Covid ». Les enquêteurs sanitaires de l’Assurance Maladie pourront ainsi contacter ces personnes contacts dans les 24 heures qui suivent pour organiser leur prise en charge rapide et l’accès à un test de dépistage remboursé à 100 %.

Si je suis testé négatif à un test virologique

  • Pour les personnes qui présentaient des symptômes de la Covid-19 dont le test est négatif, elles doivent continuer d’observer rigoureusement les gestes barrières. En effet, le test permet d’indiquer si la personne est infectée par le virus au moment où elle effectue le test mais pas si elle est protégée contre la Covid-19.
  • Pour les « personnes contacts » d’un malade de la Covid-19 dont le test est négatif, la conduite à tenir diffère selon qu’elles vivent sous le même toit que la personne malade ou non :
    • Celles qui vivent avec la personne malade doivent rester en isolement jusqu’à la guérison du malade, et renouveler leur test 7 jours après sa guérison. Si le test est à nouveau négatif et qu’elles ne présentent aucun signe de la maladie, l’isolement prend fin.
    • Les personnes contacts ne vivant pas sous le même toit que la personne malade et dont le test est négatif ne sont probablement pas infectées. L’isolement prend fin mais il convient de porter rigoureusement le masque et de respecter les gestes barrières.
  • Pour les personnes de 65 ans ou plus et les personnes fragiles : le professionnel de santé qui a réalisé le test invite les personnes symptomatiques âgées de 65 ans ou plus et les personnes qui présentent au moins un facteur de risque, tel que défini par le Haut Conseil de la santé publique, à consulter un médecin (si celui-ci n’est pas le professionnel qui réalise le test) et à confirmer ce résultat par un test RT-PCR.

Les tests sérologiques

Ils permettent de rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire après avoir été en contact avec le virus. Ces tests détectent la présence d’anticorps au moyen d’une prise de sang.

Ils regroupent des tests Elisa et 3 types de tests « unitaires » : Tests Rapides d’Orientation au Diagnostique (TROD), Tests de Diagnostic Rapides (TDR) et autotests.

Aujourd’hui, les connaissances à date sur la mémoire immunologique liées à la COVID-19 sont encore limitées. La présence d’anticorps n’est donc pas synonyme de protection immunitaire, ou d’immunité. Une protection certaine à moyen terme, durable ou définitive n’est pas garantie.
Les tests sérologiques ne permettent donc pas d’identifier les personnes potentiellement protégées contre le virus ni de statuer si la personne est contagieuse ou non.
La survenue de réinfection ou de réactivation du virus n’est donc pas à exclure en l’état actuel des connaissances.

A titre individuel, retenez que les tests sérologiques vous permettent de savoir si vous avez contracté le virus (test positif) ou non (test négatif).

Les tests sérologiques réalisés en laboratoire de biologie médicale

Ils sont accessibles sur prescription médicale et sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie dans certaines situations :

  • En diagnostic initial pour les patients hospitalisés avec des symptômes graves du Covid-19 mais dont le test virologique est négatif.
  • En diagnostic initial pour les patients suivis en ville, sans signe de gravité, présentant des symptômes évocateurs mais dont le résultat du test virologique RT-PCR est négatif.
  • En diagnostic de rattrapage pour les patients symptomatiques – avec ou sans signe de gravité et suivis en ville ou hospitalisés – mais qui n’ont pas passé le test virologique dans les 7 premiers jours.
  • En diagnostic étiologique (permet identifier la cause de l’affection), à distance, pour les patients symptomatiques sans signe de gravité n’ayant pas passé le test virologique.
  • En détection d’anticorps chez les professionnels soignants et les professionnels d’hébergements collectifs non symptomatiques (EHPAD, prisons, établissements médico-sociaux…).
  • En dépistage des “personnes contacts” dont le test RT-PCR est négatif

Ils sont également accessibles sans prescription médicale dans les autres situations mais ne sont pas pris en charge.

Les tests réalisés en pharmacie d’officine (TROD uniquement)

Ils ne sont pas remboursés en pharmacie d’officine (prescription médicale ou non) et sont à prix libre.
Le prix devrait être aux environs de 20 euros (si plus, changez de pharmacie).

Un résultat positif obtenu par TROD en pharmacie d’officine doit être confirmé en laboratoire par un test sérologique ELISA ou un TDR.

A noter  : les autotests virologiques ou sérologiques en accès libre réalisés directement par l’usagère ou l’usager sont actuellement interdits à la commercialisation.

Médicaments

Médicaments : quelle conduite à tenir ? Quels médicaments prendre en cas de fièvre ?

En cas de fièvre (ou de douleur légère à modérée)

Il est recommandé de prendre du paracétamol en première intention, en respectant la règle de bon usage « prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible ».

  • Paracétamol et foie : une toxicité à connaître – respecter les informations de bon usage adossées au verso des boites de médicaments : dose maximale par prise et par jour, respect du délai entre 2 prises, exclusion de la prise d’un autre médicament contenant du paracétamol
  • Il n’est pas recommandé de prendre de traitement anti-inflammatoire (ibuprofène, cortisone, Advil, Nurofen), compte tenu du risque potentiel d’infections graves mis en évidence suite à la prise d’ibuprofène ou de kétoprofène. La prise d’anti-inflammatoires pourrait également être un facteur d’aggravation de l’infection. Pour aller plus loin, il existe un site internet afin de vérifier si un médicament présente des risques en cas de symptômes de Covid-19.

 Je n’arrête pas mes traitements habituels sans avis médical !

Y compris les patients sous corticoïdes ou autres immunosuppresseurs pour une pathologie chronique

Si vous prenez des traitements contre l’asthme et la BPCO, il ne faut pas arrêter vos traitements ! L’arrêt peut être pire et augmenter votre maladie. Demandez conseil à votre médecin.

Français à l’étranger

Si vous avez été dans l’obligation d’avancer les frais de traitements, vous pouvez vous faire rembourser vos médicaments à votre retour en France à hauteur de ce qui vous aurait été remboursé dans l’hexagone.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la fiche pratique Santé Info Droits sur la prise en charge des soins à l’étranger ou contacter le CLEISS, point de contact pour l’application de cette directive en France.

Dispensation de médicaments de pharmacie à usage intérieur en pharmacie d'officine

(Mesures réactivée depuis le 17 octobre pour la durée de l’Etat d’urgence sanitaire)

Possibilité de la dispensation de son médicament, dispensé habituellement en pharmacie à usage intérieur / hospitalière, en pharmacie d’officine (y compris en Autorisation Temporaire d’Utilisation ATU).

Le patient doit en faire la demande auprès de son pharmacien d’officine, qui se mettra en lien avec la pharmacie à usage intérieur.

Les médicaments ainsi délivrés sont pris en charge par les organismes d’assurance maladie, dans les conditions du droit commun.

L’avis de France Assos Santé :

En l’état, nous considérons que la mesure a une portée limitée en raison d’un manque d’information des usagers, de l’incapacité à prendre en charge les produits thermosensibles des problématiques liées au circuit de répartition et de l’ambiguïté du texte qui cherche à éviter les déplacements à l’hôpital mais limite visiblement la mesure au patient “dans l’impossibilité de se déplacer dans les locaux de la pharmacie intérieur”

A fournir à votre pharmacien si besoin : Le Ministère des Solidarités et de la Santé a mis à disposition sur son site une fiche expliquant ce dispositif réservé au renouvellement par les PUI des médicaments rétrocédés y compris ceux sous ATU.

N’hésitez pas à témoigner : ymazens@france-assos-sante.org

Dispensation et délivrance de produits de santé lorsque la durée d’une ordonnance renouvelable est expirée

Concerne les pharmacie d’officine et pharmacie à Usage Intérieur/ pharmacie hospitalières – Mesures introduites, prolongées ou réactivées depuis le 17 octobre pour la durée de l’Etat d’urgence sanitaire

Cette mesure a été récemment revue :

  • Les précédentes mesure concernaient l’ensemble des médicaments, ce n’est plus le cas aujourd’hui
  • Les mesures concernant les dispositifs médicaux sont quant à elles conservées

Si votre ordonnance ne porte pas la mention « à renouveler », demander à votre pharmacien de consulter l’historique de vos remboursements.

Les médicaments concernés sont :

  • Les médicaments contenant des substances à propriétés hypnotiques ou anxiolytiques : à condition que ces médicaments aient été délivrés au patient depuis au moins 3 mois consécutifs (pour 28 jours max, renouvelable) ;
  • Traitement de substitution aux opiacés d’au moins trois mois à base de méthadone sous forme de gélules, de méthadone sous forme de sirop ou de buprénorphine comprimés, lorsque la durée de validité de la dernière ordonnance est expirée : les pharmacies d’officine dont l’officine est mentionnée sur la prescription peuvent, après accord du prescripteur, dispenser, dans le cadre de la posologie et des modalités de fractionnement initialement définies par le prescripteur, un nombre de boîtes par ligne d’ordonnance garantissant la poursuite du traitement (pour 28 jours max y compris pour la méthadone sous forme de sirop, renouvelable) ;
  • Médicaments stupéfiants ou relevant du régime des stupéfiants (pour 28 jours max, renouvelable) ;
  • Les contraceptifs oraux en cas d’impossibilité de consulter un médecin ou une sage-femme dans un délai compatible avec la poursuite du traitement, sur ordonnance expirée datant de plus d’1 an et moins de 2 ans (dispensation de max 3 mois non renouvelable)

D’autre part, concernant les médicaments de l’IVG médicamenteuse :

  • une prescription par téléconsultation  d’un médecin ou d’une sagefemme ayant conclu une convention avec un établissement de santé est possible
  • une prescription hors autorisation de mise sur le marché autorisée pour la 6ème et 7éme semaine de grossesse, soit 8ème et 9ème semaine d’aménorrhée (sauf Cervageme®)
  • dispensation directe des médicaments par les pharmacies d’officine

Dispositifs médicaux concernés

Dispensation pour une durée d’1 mois selon la prescription initiale

  • DM : matériels et produits pour le traitement de pathologies spécifiques
  • DM de maintien à domicile et d’aide à la vie pour malades et handicapés
  • Articles pour pansements, matériels de contention
  • Section 2 : canules trachéales
  • Section 5 : prothèses respiratoires pour trachéotomie

Droit de substitution des dispositifs médicaux en cas de rupture avérée

Il y a des  critères à respecter :

  • usage identique
  • spécifications techniques équivalentes
  • être inscrit à la LPPR (liste des produits et prestations remboursables)
  • ne pas entraîner de dépenses supplémentaires pour le patient et l’Assurance maladie

Conditions : accord préalable du prescripteur et information du patient.

Téléconsultations

Dois-je envisager la téléconsultation avec un médecin généraliste ?

La téléconsultation est une solution à envisager pour avoir une vraie réponse médicale à vos inquiétudes. Toutefois, dans certaines situations, elle pourra être insuffisante pour poser l’ensemble du diagnostic et devra donc être prolongée par une consultation en présentiel. Le guide patient fait par le Collectif Téléconsultation précise : « Si on vous propose une téléconsultation, vous pouvez l’accepter ou la refuser. Vous pouvez également demander une téléconsultation aux professionnels de santé, mais vous ne pouvez pas l’exiger. Les professionnels de santé répondront favorablement ou non à votre demande en fonction de votre situation de santé, du motif de votre consultation, de paramètres techniques, mais aussi de ses propres habitudes et choix de pratique ».

Pour aller plus loin, rendez-vous sur la fiche pédagogique du Ministère des Solidarités et de la Santé.

Quel matériel est nécessaire pour faire une téléconsultation ?

Il vous faut vérifier que vous possédez bien :

  • Une connexion internet avec un débit suffisant
  • Un ordinateur avec vidéotransmission (une caméra souvent située sur la partie frontale haute de l’écran)

Le guide patient du Collectif  Téléconsultation mentionne plusieurs points d’attentions :

  • L’endroit, calme et qui garantit la confidentialité des échanges :
    • « Disposer d’un espace et d’un moment garantissant suffisamment de calme et d’intimité pour parler avec votre médecin sereinement »
    • « Vous devrez bien entendre… et être bien entendu(e) ; évitez les espaces bruyants, fermez la fenêtre, coupez la télé ou la radio.
    • « Pensez à éviter les pièces très sombres, et inversement, ne vous positionnez pas dans une lumière trop forte ou avec une fenêtre dans votre dos (contre-jour) »
  • Portez attention aux différentes manières d’atteindre l’espace vidéo avec votre professionnel de santé :
    • « Parfois, vous devez suivre un simple lien pour lancer la téléconsultation.
    • Parfois, vous devez installer une application spéciale, créer un compte utilisateur, et entrer certaines informations (prévoir votre carte vitale, votre numéro de sécurité sociale, votre carte bancaire,) »
  • Paiement, des modalités multiples :
    • « Les médecins ont des fonctionnements différents pour ce qui est du paiement : certains vous proposeront de régler en ligne, d’autres de payer plus tard, ou d’envoyer un chèque par voie postale. »

Si vous n’êtes pas à l’aise faites-vous accompagner par un proche ou un professionnel de santé (infirmiers par exemple).

Voici une synthèse patient réalisée par la Haute Autorité de Santé (HAS).

Téléconsultation : comment ça se passe concrètement ?

L’agence du numérique précise les étapes nécessaires :

  • Étape 1 – Planification, préparation du rendez-vous de téléconsultation : un rendez-vous est planifié entre le patient et le médecin ;
  • Étape 2 – Réalisation de l’acte de téléconsultation : un échange par vidéotransmission a lieu entre le médecin et le patient qui peut être accompagné d’un représentant légal s’il est âgé de moins de 16 ans et/ou d’un professionnel de santé accompagnant ;
  • Étape 3 – Conclusion de l’acte de téléconsultation : à l’issue de la téléconsultation, le médecin téléconsultant peut établir une prescription et un compte rendu de l’acte qu’il transmet au patient, à son médecin traitant ainsi qu’au professionnel de santé accompagnant, le cas échéant ;
  • Étape 4 – Paiement et facturation : le patient peut être amené à payer l’acte de téléconsultation, le médecin transmet la feuille de soin à l’assurance maladie.
Crédit photo : Le Collectif Téléconsultation

Avec quel autre professionnel de santé qu’un médecin généraliste puis-je faire une téléconsultation ?

On parle de téléconsultation pour les médecins, de télésoins pour les autres professionnels de santé. Différents textes (décrets et arrêtés) pris successivement permettent à d’autres professions de consulter à distance. On citera :

  • Les infirmiers
  • Les sages-femmes
  • Les masseurs-kinésithérapeutes
  • Pédicures-podologues
  • Orthoptistes
  • Orthophonistes

Quelles sont les modalités de remboursement ? Vais-je être remboursé même si je fais la téléconsultation avec un médecin qui n’est pas mon médecin traitant ?

Deux règles :

  • Remboursement de vos téléconsultations à 100% par l’Assurance Maladie si vous êtes atteint ou suspecté COVID-19, même en l’absence de connaissance préalable du médecin qui télé consulte
  • Remboursement de vos téléconsultations à 100% par l’Assurance Maladie pour les motifs non COVID-19 (ex : maladies chroniques) si respect des 2 conditions restrictives suivantes :
    • Le respect du parcours de soins coordonné avec orientation préalable du médecin traitant
    • La connaissance par le patient du médecin (avoir vu le médecin dans les 12 derniers mois en RDV présentiel)

Des exceptions aux deux conditions sont possibles dans les situations suivantes :

  • Pas de médecin traitant désigné ou pas disponible dans un délai compatible avec l’état de santé du patient
  • La situation d’urgence
  • Les détenus
  • Les personnes résidant en établissement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou établissements accueillant ou accompagnant des personnes adultes handicapées

Dans ce cas uniquement, vous pouvez consulter une organisation médicale proche de votre lieu d’habitation : maison de santé, centre de santé, etc.

Dans le cadre de l’épidémie de COVID-19, les consultations par téléphone par les médecins/les infirmiers sont autorisées pour les catégories suivantes :

  • Patients présentant les symptômes de l’infection ou reconnu atteint du covid-19
  • Patients en affection de longue durée (ALD)
  • Patients âgés de 70 ans et plus
  • Femmes enceintes
  • et (pour les 4 alinéas précédents), bien qu’ayant un accès internet haut débit ou très haut débit, patients qui ne disposent pas d’un terminal permettant une vidéotransmission (ordinateur avec webcam, tablette, smartphone) ou patients résidant dans les zones blanches (absence d’accès internet haut débit ou très haut débit)

Vous êtes perdu ? Voici un tableau récapitulatif des professionnels effectuant des téléconsultations ou du télésoins et les conditions de remboursement.

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