Usagers & patients face à la COVID-19 post-confinement : vos questions, nos réponses

Fais-je partie des populations à risque ? Dois-je arrêter mon traitement ? Dois-je reprendre mon activité professionnelle ?

Depuis la fin du confinement et alors que la vie reprend peu à peu, de nouvelles mesures ont été prises pour limiter la diffusion du coronavirus. Si les gestes barrières sont plus que jamais de rigueur, de nouvelles questions font surface sur les bons gestes à adopter pour anticiper un rebond possible de l’épidémie, et les précautions à prendre pour la protection des personnes les plus à risque.

Consignes sanitaires et populations à risques

Quel comportement adopter ? Comment savoir si je fais partie d’une population à risque ? L’ensemble des réponses à ces questions sont disponibles ici.

Accès aux masques de protection

Via La Poste pour les populations les plus précaires

Le ministre des solidarités et de la santé a annoncé le 22 juillet l’envoi de 40 millions de masques pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) et de l’Aide médicale d’Etat (AME). 

Ces masques en tissus, envoyés par La Poste, sont lavables et réutilisables jusqu’à 30 fois.

Via les pharmacies d’officine

Des boîtes de masques de protection peuvent être distribuées gratuitement par les pharmacies d’officine aux personnes suivantes :

  • Les personnes atteintes du virus covid-19 sur prescription médicale accompagnée d’un document attestant d’un résultat positif à un test virologique de la maladie ;
  • Les personnes ayant été identifiées comme un « cas contact » dans le traitement de   la Caisse nationale de l’assurance maladie dénommé « Contact covid » ;
  • Les personnes à très haut risque médical de développer une forme grave de covid-19 du fait de leur état de santé, sur prescription médicale

Sont qualifiées à très haut risque médical les personnes suivantes :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus (même si les personnes âgées de 50 ans à 65 ans doivent être surveillées de façon plus rapprochée)
  • les personnes avec antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV*
  • les diabétiques, non équilibrés ou présentant des complications
  • les personnes ayant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale (broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment)
  • les patients ayant une insuffisance rénale chronique dialysée
  • les malades atteints de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie)
  • les personnes présentant une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm-2)
  • les personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise :
    • médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, traitement immunosuppresseur
    • biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive
    • infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 <200/mm3
    • consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques
    • liée à une hémopathie maligne en cours de traitement
  • les malades atteints de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins
  • les personnes présentant un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie
  • les femmes enceintes, au troisième trimestre de la grossesse

Dépistage

Il existe deux types de dépistage : les tests virologiques et les tests sérologiques.

Le test virologique (RT-PCR) permet de déterminer si une personne est porteuse du virus au moment du test, grâce à un prélèvement par voie nasale. C’est actuellement le seul recommandé pour le dépistage, avec néanmoins 30 % de faux négatifs (vous avez contracté le virus mais le test n’a pas permis de le détecter).

Il s’effectue uniquement en laboratoire de biologie médicale. Pour en savoir plus et consulter la liste des lieux de dépistage ici.

Ce test est disponible et remboursé  :

  • sur ordonnance médicale, aux personnes qui présentent des symptômes
  • sans ordonnance, aux personnes identifiées comme ayant été en contact, avec un risque élevé de transmission, avec une personne testée positivement.
  • à certains publics dans le cadre de campagnes spécifiques de dépistage : personnes fragiles, résidents et personnels de structures d’hébergement collectif

Pour en savoir plus et consulter la liste des lieux de dépistage ici.

Depuis le 24 juillet, il est également pris en charge sans prescription médicale et est donc théoriquement accessible à toutes et tous
Ces dispositions sont également applicables aux personnes qui n’ont pas la qualité d’assurés sociaux.

Dans les zones surchargées les laboratoires de biologie médicale privilégient les personnes avec une prescription médicale (IDF notamment).

Que se passe-t-il si je suis testé positif à un test virologique ?

Je suis encouragé à :

  • m’isoler pendant 14 jours ;
  • déclarer mes cas contacts extrafamiliaux au délégué d’Assurance maladie ;
  • contacter mes contacts et leur conseiller de s’isoler pendant 14 jours.

D’autre part, 14 masques chirurgicaux par semaine me sont prescrits.

Que se passe-t-il si je suis testé négatif à un test virologique ?

S’il y a une suspicion forte de Covid-19, il me sera proposé de :

  • refaire un test RT-PCR entre 2 jours et 7 jours après le premier test ou à défaut un test sérologique à partir de J14 après le début des symptômes ;
  • rester en isolement et de faciliter la recherche de mes cas contacts

D’autre part, 14 masques chirurgicaux par semaine me sont prescrits.

Les tests sérologiques permettent de rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire après avoir été en contact avec le virus. Ces tests détectent la présence d’anticorps au moyen d’une prise de sang.

Ils regroupent des tests Elisa et 3 types de tests « unitaires » : Tests Rapides d’Orientation au Diagnostique (TROD), Tests de Diagnostic Rapides (TDR) et autotests.

Aujourd’hui, les connaissances à date sur la mémoire immunologique liées à la COVID-19 sont encore limitées. La présence d’anticorps n’est donc pas synonyme de protection immunitaire, ou d’immunité. Une protection certaine à moyen terme, durable ou définitive n’est pas garantie.
Les tests sérologiques ne permettent donc pas d’identifier les personnes potentiellement protégées contre le virus ni de statuer si la personne est contagieuse ou non.
La survenue de réinfection ou de réactivation du virus n’est donc pas à exclure en l’état actuel des connaissances.

A titre individuel, retenez que les tests sérologiques vous permettent de savoir si vous contracté le virus (test positif) ou non (test négatif).

Les tests sérologiques réalisés en laboratoire de biologie médicale :

  • Sont accessibles sur prescription médicale et sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie dans certaines situation (voir ci-dessous) ;
  • Sont accessible sans prescription médicale mais ne sont pas pris en charge.

Les tests réalisés en pharmacie d’officine (TROD uniquement) :

  • Ne sont pas remboursés en pharmacie d’officine (prescription médicale ou non) ;
  • Sont à prix libre. Le prix devrait être aux environs de 20 euros (si plus, changez de pharmacie).

Un résultat positif obtenu par TROD en pharmacie d’officine doit être confirmé en laboratoire par un test sérologique ELISA ou un TDR.

Remboursement des tests sérologiques réalisés en laboratoire de biologie médicale, pour qui ?

  • En diagnostic initial pour les patients hospitalisés avec des symptômes graves du Covid-19 mais dont le test virologique est négatif.
  • En diagnostic initial pour les patients suivis en ville, sans signe de gravité, présentant des symptômes évocateurs mais dont le résultat du test virologique RT-PCR est négatif.
  • En diagnostic de rattrapage pour les patients symptomatiques – avec ou sans signe de gravité et suivi en ville ou hospitalisés – mais qui n’ont pas passé le test virologique dans les 7 premiers jours.
  • En diagnostic étiologique (permet identifier la cause de l’affection, à distance, pour les patients symptomatiques sans signe de gravité n’ayant pas passé le test virologique.
  • En détection d’anticorps chez les professionnels soignants et les professionnels d’hébergements collectifs (EHPAD, prisons, établissements médico-sociaux…) non symptomatiques.
  • En dépistage des “personnes contact” dont le test RT-PCR est négatif.

Les test sérologiques sans ordonnance ne sont pas remboursés

En dehors des cas cités ci-dessus et d’une prescription médicale, les tests sérologiques du coronavirus ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie.

Si vous avez déjà ressenti des symptômes qui peuvent être associés au Covid-19, vous pouvez demander à un professionnel de santé de vous prescrire le test pour vous faire rembourser par l’Assurance Maladie. Vous pouvez avoir accès au test ELISA et TROD en laboratoire, même sans prescription, dans toutes les villes de France.

Depuis l’arrêté du 11 juillet 2020, les tests rapides TROD peuvent être réalisés directement en pharmacie, avec ou sans ordonnance.
En revanche, les tests réalisés en officine ne sont pas encore remboursés par l’Assurance Maladie. Le Ministère de la Santé a validé une liste de 51 tests rapides autorisés en pharmacie. Il est conseillé de faire confirmer le résultat du test TROD par un test ELISA ou TDR en laboratoire.

 Les autotests* sont actuellement interdits à la commercialisation.

(*test en accès libre réalisé par l’usager)

Médicaments : quelle conduite à tenir ? Quels médicaments prendre en cas de fièvre ?

En cas de fièvre (ou de douleur légère à modérée)

Il est recommandé de prendre du paracétamol en première intention, en respectant la règle de bon usage « prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible ».

  • Paracétamol et foie : une toxicité à connaître – respecter les informations de bon usage adossées au verso des boites de médicaments : dose maximale par prise et par jour, respect du délai entre 2 prises, exclusion de la prise d’un autre médicament contenant du paracétamol
  • Il n’est pas recommandé de prendre de traitement anti-inflammatoire (ibuprofène, cortisone, Advil, Nurofen), compte tenu du risque potentiel d’infections graves mis en évidence suite à la prise d’ibuprofène ou de kétoprofène. La prise d’anti-inflammatoires pourrait également être un facteur d’aggravation de l’infection. Pour aller plus loin, il existe un site internet afin de vérifier si un médicament présente des risques en cas de symptômes de Covid-19.

 Je n’arrête pas mes traitements habituels sans avis médical !

Y compris les patients sous corticoïdes ou autres immunosuppresseurs pour une pathologie chronique

Si vous prenez des traitements contre l’asthme et la BPCO, il ne faut pas arrêter vos traitements ! L’arrêt peut être pire et augmenter votre maladie. Demandez conseil à votre médecin.

Si je prends déjà du Plaquénil ® ou du Kaletra ® dans le traitement de ma pathologie

Je ne suis pas protégé pour autant : il faut se protéger en faisant les gestes de prévention comme tout le monde et observer un strict confinement.

Ces deux traitements sont en cours d’évaluation dans le traitement du COVID-19 mais n’ont pas fait preuve d’efficacité à ce jour.

Ils sont notamment testés pour soigner les patients COVID-19 et ne doivent être utilisés qu’à l’hôpital (consulter l’alerte de l’agence nationale du médicament)

En cas de difficulté de dispensation en pharmacie d’officine :

Le décret du 25 mars sécurise la continuité des traitements dans le cadre de prescriptions autorisation de mise sur le marché (AMM), notamment concernant le Plaquénil ®.

Si besoin, demandez à votre pharmacien de consulter son historique qui permettra de confirmer que cette dispensation n’est pas liée à un mésusage.

Français à l’étranger

Si vous avez été dans l’obligation d’avancer les frais de traitements, vous pouvez vous faire rembourser vos médicaments à votre retour en France à hauteur de ce qui vous aurait été remboursé dans l’hexagone.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la fiche pratique Santé Info Droits sur la prise en charge des soins à l’étranger ou contacter le CLEISS, point de contact pour l’application de cette directive en France.

Je suis malade chronique et je dois renouveler mon ordonnance, que faire ?

La dispensation et délivrance de produits de santé lorsque la durée d’une ordonnance renouvelable est expirée sont désormais limitées aux seuls territoires où l’état d’urgence est encore en vigueur (Guyane et Mayotte jusqu’au 30 octobre 2020) et lorsqu’un patient est dans l’impossibilité de consulter son médecin, dans le cadre d’un traitement chronique.

La forte mobilisation et le risque d’indisponibilité des médecins dans la gestion de la crise pourraient causer des interruptions de traitement chronique préjudiciables à la santé des patients

La dispensation et la délivrance de produits de santé lorsque la durée d’une ordonnance renouvelable est expirée sont désormais limitées aux seuls territoires où l’état d’urgence est encore en vigueur (Guyane et Mayotte jusqu’au 30 octobre 2020)

Si votre ordonnance ne porte pas la mention « à renouveler », demander à votre pharmacien de consulter l’historique de vos remboursements.

Pharmacie d’officine et Pharmacie à Usage Intérieur/ pharmacie hospitalières :

  • Tous médicaments : la dispensation ne peut cependant être assurée pour une période supérieure à 1 mois.
  • Médicaments contenant des substances à propriétés hypnotiques ou anxiolytiques : à condition que ces médicaments aient été délivrés au patient depuis au moins trois mois consécutifs (pour 28 jours max, renouvelable).
  • Traitement de substitution aux opiacés d’au moins trois mois à base de méthadone sous forme de gélules, de méthadone sous forme de sirop ou de buprénorphine comprimés, lorsque la durée de validité de la dernière ordonnance est expirée, les pharmacies d’officine dont l’officine est mentionnée sur la prescription peuvent, après accord du prescripteur, dispenser, dans le cadre de la posologie et des modalités de fractionnement initialement définies par le prescripteur, un nombre de boîtes par ligne d’ordonnance garantissant la poursuite du traitement (pour 28 jours max y compris pour la méthadone sous forme de sirop, renouvelable)
  • Médicaments stupéfiants ou relevant du régime des stupéfiants  (pour 28 jours max, renouvelable).

Source : arrêté du 10 juillet, article 5

Pharmacien d’officine,  prestataire de services ou distributeur de matériel :

  • DM : matériels et produits pour le traitement de pathologies spécifiques
  • DM : de maintien à domicile et d’aide à la vie pour malades et handicapés
  • Articles pour pansements, matériels de contention
  • Section 2 : canules trachéales (arrêté du 01 avril)
  • Section 5 : prothèse respiratoire pour trachéotomie (arrêté du 01 avril)

Source : arrêté du 10 juillet, article 7

Dois-je reprendre mon activité professionnelle en tant que personne à risque ? Le certificat d’isolement est-il toujours valide ?

Un décret daté du 29 août a mis fin au chômage partiel le 31 août pour les personnes listées par le Haut Conseil de la Santé Publique, à l’exception des personnes concernées par les situations suivantes dont la liste a été arbitrée par le gouvernement :

1° Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
2° Etre atteint d’une immunodépression congénitale ou acquise :

  • médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
  • infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
  • consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
  • liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;

3° Etre âgé de 65 ans ou plus et avoir un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires ;
4° Etre dialysé ou présenter une insuffisance rénale chronique sévère.

Ces personnes peuvent solliciter leur médecin traitant afin qu’il leur délivre un nouveau certificat d’isolement à remettre à leurs employeurs pour pouvoir bénéficier du chômage partiel.

Une circulaire pour les agents de la fonction publique reprend les éléments du décret pour permettre aux agents concernés de bénéficier d’une autorisation d’absence.

Concernant les indépendants concernés par la liste restreinte et qui pouvaient faire une télédéclaration sur le site declare.ameli.fr, ils doivent désormais se rendre chez leur médecin traitant qui pourra leur établir un arrêt de travail mentionnant le motif vulnérabilité dans une case prévue à cet effet, pour leur permettre de continuer à bénéficier des indemnités dérogatoires.

Pour les salariés désormais exclus de ces dispositions, y compris les proches, des mesures renforcées complémentaires doivent être mises en place par l’employeur, notamment :

  • Favoriser le télétravail dès lors que le poste le permet
  • Fournir des masques chirurgicaux
  • Prévoir un bureau individuel ou des mesures de protection renforcée ( plexiglas..)
  • Garantir le respect des gestes barrières et les mesures d’hygiène
  • Etc.

Par ailleurs, le Haut Conseil de la Santé Publique dans son avis du 19 juin indique que la distanciation physique doit être respectée dans les transports.

Toute personne vulnérable ou son proche peut donc solliciter le médecin du travail afin que celui-ci évalue si les conditions de sécurité sont réunies. Si ce n’est pas le cas celui-ci pourra prononcer une éviction du poste de travail.

Il est également possible pour les salariés et les indépendants de solliciter son médecin traitant qui pourra évaluer la possibilité d’un arrêt de travail, mais qui sera indemnisé dans les conditions de droit commun.

Dispensation de médicaments de pharmacie à usage intérieur en pharmacie d'officine

Afin d’éviter aux patients fragiles de se déplacer à l’hôpital compte tenu de la circulation toujours active de la COVID-19, l’article 4 de l’arrêté du 10 juillet prévoit la possibilité de la dispensation de son médicament, dispensé habituellement en pharmacie à usage intérieur / hospitalière, en pharmacie d’officine (y compris en Autorisation Temporaire d’Utilisation ATU).

Le patient doit en faire la demande auprès de son pharmacien d’officine, qui se mettra en lien avec la pharmacie à usage intérieur.

Les médicaments ainsi délivrés sont pris en charge par les organismes d’assurance maladie, dans les conditions du droit commun.

L’avis de France Assos Santé :

En l’état, nous considérons que la mesure a une portée limitée en raison d’un manque d’information, de l’incapacité à prendre en charge les produits thermosensibles des problématiques liées au circuit de répartition et de l’ambiguïté du texte qui cherche à éviter les déplacements à l’hôpital mais limite visiblement la mesure au patient “dans l’impossibilité de se déplacer dans les locaux de la pharmacie intérieur”

N’hésitez pas à témoigner : ymazens@france-assos-sante.org

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