Pour une plus grande clarté dans les règles de déconfinement pour les personnes fragiles !

Personnes âgées de 65 ans et plus, avec antécédents cardiovasculaires, ayant une maladie chronique… Ils et elles sont très nombreux à relever de la liste des personnes fragiles vis-à-vis du Coronavirus

Cette liste, établie par le Haut Conseil de Santé Publique*, signifie que ces personnes ont plus de risques de développer une forme sévère de COVID-19. Aux premiers jours du déconfinement, et ce malgré l’enjeu, force est de constater que les consignes ne sont pas claires pour que ces personnes puissent aborder la fin du confinement sereinement.

« Apprendre à vivre avec le virus » : oui, mais comment ?

Le diagnostic est le suivant : de multiples consignes, diffusées par de multiples agences, instances de santé publique, comités d’experts, sur de multiples supports, pour le déconfinement. On citera, à titre d’exemple :

  • Les recommandations la Haute Autorité de Santé (HAS), de l’Agence Nationale du Médicament (ANSM), de  Santé Publique France
  • Les avis du Haut Conseil de Santé Publique
  • Les avis du Conseil Scientifique, du Comité CARE (Comité Analyse, Recherche et Expertise), du Comité national consultatif d’éthique (CCNE)

À ce panaché s’ajoutent des grands principes de déconfinement parfois intégrés dans des guides et protocoles ministériels par secteur (travail, santé, éducation, économie) qui n’abordent pas toujours de façon explicite la question des personnes fragiles…

Enfin, toutes les mesures identifiées sont également adaptées au contexte local en fonction de la « couleur du département ».

Nous craignons, à cause du foisonnement des recommandations, une dilution des messages et donc une perte d’information sur les consignes sanitaires pour les publics à risques, qui doivent pourtant recevoir des messages clairs pour se protéger.

Illustration parfaite de la situation, la différence dans l’accès aux masques, dont peuvent bénéficier les personnes « très fragiles » via une prescription (10 masques par semaines), contrairement aux personnes en Affection Longue Durée, alors qu’une chose est certaine : le virus est dangereux pour toutes les personnes fragiles, et n’opère pas de sélection quand il frappe.

Nous demandons donc une totale clarification des règles de déconfinement par « catégorie » de personne fragile, coordonné par une agence unique et mis à disposition des associations d’usagers concernées.

Ces consignes doivent être sans équivoque afin d’accompagner la vie quotidienne de milliers de personnes, abordant les déplacements (dois-je prendre les transports ?), le travail (dois-je reprendre le travail ?), l’enseignement (dois-je renvoyer mes enfants à l’école ?). Elles doivent être une réponse à la situation et aux besoins spécifiques des personnes en raison de leur état de santé, en s’appuyant sur des recommandations des associations, comme l’a fait par exemple l’association Renaloo via 20 propositions.

En l’absence d’informations sur un public fragile, la publication de recommandations est urgente, avec une version au label FALC à envisager pour les personnes avec des difficultés de compréhension. Des associations de patients membres de notre réseau – telles que la Fédération Française des Diabétiques[1] , Renaloo[2] ou l’AFA-Crohn-RCH[3]–  ont déjà entamé ce travail, mais nous demandons que le gouvernement soit totalement transparent sur les risques liés au déconfinement pour les personnes fragiles, alors même qu’il est répété qu’il faut désormais « apprendre à vivre avec le virus ».

 

*Actualisation de l’avis relatif aux personnes à risque de forme grave de Covid-19 et aux mesures barrières spécifiques à ces publics – 20 avril 2020 : les personnes âgées de 65 ans et plus (même si les personnes âgées de 50 ans à 65 ans doivent être surveillées de façon plus rapprochée) ; personnes avec antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d’accident ; personnes ayant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale (broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ; patients ayant une insuffisance rénale chronique dialysée ; malades atteints de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ; personnes présentant une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm-2) ;  personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise ; malades atteints de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ; personnes présentant un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ; femmes enceintes, au troisième trimestre de la grossesse, compte tenu des données disponibles et considérant qu’elles sont très limitées.

[1] Fédération Française des Diabétiques – activité professionnelle après le 11 mai : quelle décision prendre ?

[2] Renaloo – Les conseils de Renaloo autour du déconfinement pour les personnes insuffisantes rénales, dialysées et greffées, et leurs proches

[3] Afa-Crohn-RCH – Retourner au travail ou pas ? Retourner à l’école ou pas ?

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