Partant pour le Défi de janvier sans alcool en 2023 ?

Alors que les lutins du père Noël préparent les cadeaux, l’équipe du collectif associatif du Défi de janvier prépare les outils pour soutenir les participants à ce défi du mois sans alcool. « Il ne s’agit absolument pas d’une campagne contre l’alcool, mais d’une campagne visant à proposer à chacun d’évaluer son rapport à l’alcool et de reprendre le contrôle sur ses consommations. », rappelle Benjamin Tubiana, responsable plaidoyer et communication chez Fédération Addiction.

Le Défi de janvier, inspiré du Dry January qui existe outre-Manche depuis 2013, en sera à sa 4ème édition, en France, en janvier 2023. Chez nos voisins britanniques comme dans l’hexagone, son succès augmente chaque année, et chaque année, de nouveaux outils se mettent en place ou sont améliorés, pour soutenir les participants. Seule ombre au tableau, alors qu’en Grande-Bretagne, et dans d’autres pays qui ont suivi le mouvement, l’opération a été rapidement soutenue par les pouvoirs publics, en France, le gouvernement continue de faire la sourde oreille sur le sujet.

 

En 2021, un sondage YouGov révélait que

 11% des personnes vivant en France

envisageaient de ne pas boire en janvier.

Et vous ? Prêt à relever le défi ?

 

Un seul mois sans alcool, est-ce vraiment bénéfique pour la santé ?

L’idée de ce mois sans alcool n’est pas de diaboliser le produit, mais surtout de s’interroger sur son rapport à l’alcool. Est-on capable de s’en passer ? Quels sont les moments où ne pas boire est le plus compliqué ? Tous les verres consommés sont-ils indispensables ? Par quoi est-ce que l’on pourrait les remplacer, etc.

Rappelons que selon Santé Publique France, près d’un quart des Français(e)s dépassent les repères de consommation d’alcool, qui sont : pas plus de deux verres par jour et pas tous les jours.

Par ailleurs, selon le Pr Amine Benyamina, psychiatre, addictologue, Président de la Fédération française d’addictologie, du RESPADD et d’Addict’AIDE, un mois entier sans boire d’alcool génère des bénéfices immédiats sur sa santé, tels que :

  • Un regain d’énergie
  • Une meilleure concentration
  • Une amélioration de la qualité du sommeil
  • Une baisse de la tension artérielle
  • La mise au repos de son organisme, d’autant plus intéressante après les éventuels excès des fêtes de fin d’année

En outre, d’après une étude réalisée en 2019 par l’université du Sussex, 80% des personnes qui font Dry January, continuent à consommer moins d’alcool tout au long de l’année. Cela a donc un impact concret en termes de santé publique, sur la durée. Ce défi permet une prise de conscience chez les participants qui peuvent mieux, par la suite, faire la différence entre les verres d’alcool dont ils ont vraiment envie, et ceux dont ils peuvent se passer.

Application de suivi dédiée, newsletters et conseils sur les réseaux sociaux… Vous n’êtes pas seul face à ce Défi de janvier

En 2016, les Britanniques lancent une application mobile, baptisée Try Dry, pour aider les participants à suivre leurs progrès tout au long du mois de janvier, mais également tout au long de l’année. Pour l’édition de 2021, elle est traduite en français par la Fédération Addiction, en lien avec les Britanniques, et téléchargée 11 295 fois. L’année suivante on compte 16 400 téléchargements en français. Côté newsletter aussi les chiffres sont à la hausse, puisqu’il y avait 8 170 inscrits en 2021 et quasiment le double en 2022. Or les études réalisées en Grande-Bretagne montrent que les personnes inscrites à la newsletter ont deux fois plus de chance de réussir leur défi de janvier.

« En France, notre collectif n’a pas les moyens de faire de telles études, mais nous interrogeons chaque année les utilisateurs de l’application qui sont majoritairement satisfaits et déclarent qu’elle leur est très utile. », rapporte Benjamin Tubiana. D’ailleurs ces enquêtes auprès des utilisateurs de l’application ont convaincu les organisateurs du Défi de janvier d’ajouter, cette année, une nouvelle fonctionnalité, demandée par les utilisateurs eux-mêmes, et qui consiste à pouvoir noter son humeur, son niveau d’énergie au jour le jour. L’idée est d’avoir à disposition, un carnet motivationnel qui donne une vue d’ensemble sur la fréquence et l’intensité de ses envies de consommer de l’alcool, et sur le contexte de chaque envie. Cela permet de mesurer ses progrès tout au long du mois de janvier et plus pour ceux qui ont envie de se servir de l’application toute l’année.

Application Try Dry en Français pour IPhone
Application Try Dry en français pour Android

Conseils et inscription à la newsletter sur le site officiel : dryjanuary.fr

Twitter : @DryJanuaryFR

Facebook : @DryJanuaryFR

Instagram : dryjanuaryfr

L’élan du collectif pour se motiver à réussir son Défi de janvier

L’équipe d’organisation du Défi de janvier mise cette année sur l’intérêt de relever le Défi du mois sans alcool en se regroupant entre amis ou collègues par exemple, pour se soutenir, se motiver mutuellement. Des petits guides avec des conseils dans ce sens sont prévus. L’idée est de créer, le plus possible, des environnements favorables au fait de ne pas boire d’alcool. Pourquoi pas, cette année, à l’occasion de la galette des rois, servir davantage de boissons sans alcool, en testant des nouvelles recettes, que cela soit à la maison, comme au travail ? Pour une fois, ce ne seront pas les gens qui ne boivent pas d’alcool qui devront s’adapter au buffet des boissons, mais l’inverse. En effet, beaucoup de monde, pour des raisons de santé, religieuses ou par goût, ne désirent pas boire d’alcool et ont peu de choix lors de ce genre d’événements, ou alors des choix souvent très sucrées ou un peu tristes.

Le collectif du Dry January donnera aussi quelques astuces sur les réponses à donner aux personnes qui demandent pourquoi faire ce défi, car malheureusement, les participants sont encore trop souvent confrontés à des moqueries, voire à une certaine hostilité.

Toujours aucun soutien du gouvernement

Comme évoqué plus haut, alors que les pouvoirs publics soutiennent officiellement le Dry January en Grande-Bretagne, en France, dès la première année, le gouvernement a demandé à Santé Publique France de renoncer à la campagne de prévention qu’elle avait prévu de lancer pour accompagner le Défi de janvier. « Il est très regrettable, alors que le succès du Défi se confirme chaque année un peu plus, que nous n’ayons toujours pas le soutien de nos institutions publiques. Quel message cela envoie-t-il à la population ? L’alcool ne serait donc pas un problème de santé public ? », s’étonne Christian Trémoyet, président d’Adixio. Le docteur Bernard Basset, président d’Addictions France fait le même constat et déplore que les derniers discours du ministre de la Santé et de la Prévention, François Braun,  évoquent les dangers du tabac mais que le mot « alcool » ne soit jamais prononcé. Or l’alcool est un déterminant majeur de la santé, puisque l’on sait qu’en France, il est responsable de :

  • 41 000 décès évitables par an
  • La moitié des actes de violence intra-familial
  • 1/3 des accidents de la route

Cependant, si le gouvernement semble préférer soutenir le lobby alcoolier à la détresse des millions de victimes directes ou indirectes de l’alcool, Benjamin Tubiana précise qu’il faut se réjouir de l’engagement de plusieurs villes de France qui soutiennent le Défi de janvier. « Pour l’instant, cinq villes, Nantes, Paris, Grenoble, Toulouse et Brest, mettent en place, durant le mois ce premier mois de l’année, des actions de prévention des risques liés à l’alcool, localement, auprès de leurs administrés. À Nantes par exemple, une conférence est organisée sur la question du marketing autour de l’alcool et comment cela influence notre liberté dans nos choix de consommation. À Grenoble l’orientation est donnée sur la prévention envers les jeunes. À Paris, la mairie agit par exemple auprès des employés municipaux, en proposant de s’associer au Défi de janvier dans les cantines municipales. », précise le responsable plaidoyer et communication de Fédération Addiction.

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