Reconnaissance du Covid long : une première victoire pour les patients

De l’Assemblée nationale à la Haute Autorité de santé, en passant par le ministère de la Santé, le Covid-long est désormais reconnu comme une pathologie. Un premier pas unanimement salué par les associations de patients touchés par cette forme persistante de la maladie. Reste toutefois la question de l’accès aux soins et de leur prise en charge. Un an après le début de la pandémie, nombreuses sont les personnes qui souffrent encore de symptômes invalidants.

Le 23 mars, cela fera un an que Pauline Oustric, présidente de l’association #ApresJ20 – Association Covid Long France, fait face au Covid-long, terme communément admis pour évoquer ce que la Haute Autorité de santé (HAS) préfère appeler des symptômes prolongés suite à une Covid-19.

« Je n’ai toujours pas récupéré mes capacités d’avant, raconte la jeune femme qui est atteinte d’une dysautonomie, c’est-à-dire un dérèglement du système nerveux autonome. De nouveaux symptômes sont même apparus, notamment vasculaires : j’ai des bleus sur les jambes, et des problèmes de régulation de ma température corporelle qui m’empêchent de dormir. » Pourtant, elle a le sourire. Depuis la mi-février, le Covid long est reconnu comme une pathologie, ce qui était l’une des principales revendications des associations de patients victimes de cette forme persistante du SARS-CoV-2.

Une reconnaissance et des recommandations de prise en charge

Le mercredi 17 février, les députés ont en effet adopté, à l’unanimité, une proposition de résolution de la majorité LRM, « visant à reconnaître et prendre en charge les complications à long terme de la covid-19 ».

Non contraignant, ce vote est surtout symbolique : le lendemain, la proposition de loi « visant à créer un fonds d’indemnisation pour les victimes de l’épidémie de la Covid-19 », portée par le groupe des socialistes et apparentés, a été rejetée par la majorité. Or, si le Covid long peut être reconnu comme une maladie professionnelle, depuis le 15 septembre dernier, cette mesure ne concerne que les personnels soignants, et sous certaines conditions.

Quoi qu’il en soit, la reconnaissance est là. Et même doublement, puisque la HAS a publié, le 12 février, des réponses rapides destinées à faciliter la prise en charge des patients adultes qui présentent des symptômes persistants de la Covid-19, confirmés au non par un test biologique ou sérologique.

Autre critère : la présence d’au moins un des symptômes initiaux, au-delà de quatre semaines suivant le début de la phase aiguë de la maladie – des symptômes initiaux et prolongés non expliqués par un autre diagnostic sans lien connu avec la Covid-19, précise l’institution.

« Ce guide constitue un outil important », commente Pauline Oustric, tout en reconnaissant qu’il faudra probablement l’enrichir au fur et à mesure de l’évolution des connaissances, et faire en sorte de l’élargir à l’ensemble des patients dits Covid long, sans exclusion.

Deux priorités : des centres pluridisciplinaires et le statut d’ALD

Des intentions à l’action, « il faut maintenant des mesures concrètes, notamment en matière de soins ». Ce qui passe par la reconnaissance du Covid long en affection de longue durée (ALD), statut qui permet le remboursement des soins à 100 %. Rappelons que la forme persistante de la maladie est multisystémique.

« Cela aiderait grandement les patients, défend Pauline Oustric. Et c’est relativement simple à mettre en place : le ministère de la Santé saisit la HAS sur cette question, puis, en cas d’avis favorable, modifie par décret la liste officielle des ALD. » Laquelle compte aujourd’hui trente pathologies.

L’alternative qui consiste à faire reconnaître son Covid long comme ALD « hors liste » est beaucoup plus aléatoire. Nombre de patients sont déboutés, selon la présidente de l’Association Covid Long France.

Dans le même temps, des centres multidisciplinaires doivent être créés sur l’ensemble du territoire, en relation avec des médecins expérimentés dans la prise en charge des patients qui présentent des symptômes prolongés. C’est une recommandation que l’on trouve aussi dans le guide de la HAS.

En attendant leur mise en place, il est essentiel de travailler en réseau et d’organiser des téléconsultations avec des médecins spécialisés Covid-long. « Suite au webinaire organisé par France Assos Santé, le 25 février, sur le Covid long, un projet dans ce sens est en cours d’élaboration », annonce Pauline Oustric. En l’occurrence avec Jérôme Larché, médecin interniste et référent infectiologie, à Montpellier, qui participait lui aussi au webinaire, et qui a initié le projet. À suivre, donc.

Enfin, il faut informer le grand public, mais aussi les médecins généralistes, les médecins conseils de l’Assurance-maladie et les médecins du travail, insiste notre interlocutrice. « Trop souvent encore des patients s’entendent dire que c’est dans leur tête. » Dernier axe, le financement de la recherche, pas assez soutenue.

État des lieux des connaissances, profil des patients Covid-long, conseils vis-à-vis de la vaccination : le webinaire sur le Covid long est disponible en replay ici >>

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