Aller aux devants des gens du voyage pour parler diabète et dépistage

C’est à Troyes, dans l’Aube, que l’équipe de l’antenne locale de la Fédération française des diabétiques a été sollicitée pour aller à la rencontre des « gens du voyage » qui passent l’hiver dans leur région. Plus exactement, c’est la responsable des sites d’hivernage qui sont mis à disposition des familles nomades dans la région, qui a demandé à ce que soient organisés des rencontres et des dépistages au plus proche de ce public, qui a finalement peu accès aux soins et à la prévention en matière de santé.

Une approche en douceur…

« Les gens du voyage se méfient ou ont peur des médecins. Nos premières rencontres sur place avec eux se sont avérées compliquées car si nous pouvons avoir une certaine appréhension à les côtoyer, eux ont la même appréhension envers nous en réalité. », explique Jacky Jachiet, président de la Fédération Française des diabétiques de l’Aube.

Au départ, ce sont les épouses qui sont venues à la rencontre de Jacky Jachiet et de son équipe, installés dans un bâtiment commun qui sert de point de rencontre aux résidents du site d’hivernage des gens du voyage. Après une ou deux visites, une fois un climat de confiance établi, elles ont fait venir leur mari et leurs enfants. Désormais, à chaque passage de la Fédération française des diabétiques, une trentaine de personnes se déplace pour rencontrer l’équipe de l’association en l’espace de 3 heures. Certains reviennent régulièrement pour des conseils ou un suivi et de nouveaux résidents se présentent également chaque année.

Prévention et dépistage du diabète

Autour de Jacky Jachiet, qui est également patient-expert, l’équipe se compose d’une infirmière et de deux bénévoles de l’association. Les rendez-vous sur les sites d’hivernage ont lieu depuis 2016, 4 fois par an, en mars et en novembre, durant tout un après-midi.

L’objectif est évidemment de sensibiliser les visiteurs au diabète, de leur expliquer ce qu’est cette maladie et comment l’éviter. L’infirmière prend également leur tension et pratique des dépistages sous la forme de prises de glycémie, pour identifier les personnes à risque de diabète et, le cas échéant, les orienter vers un médecin, afin qu’ils se soignent, améliorent leur hygiène de vie et ne laissent pas le diabète s’installer ou aggraver leur état de santé.

« Nous nous sommes rendus compte que la plupart des personnes qui vient nous voir, ne mange pas du tout à des heures régulières, ne sait pas ce qu’est un repas équilibré et qu’un certain nombre souffre d’obésité. », constate monsieur Jachiet.

Un impact encourageant !

Du fait de mauvaises habitudes concernant leur hygiène de vie et d’un accès aux soins limité, les résultats des dépistages pour le diabète, effectués sur place, sont un peu plus élevés que dans la moyenne de la population en France. Il est parfois difficile de convaincre les habitants du site d’hivernage dépistés, qui présentent un risque de diabète, voire ont probablement un diabète avéré, d’aller consulter un médecin pour se faire traiter. Ils craignent d’aller voir un médecin. C’est souvent la responsable du site qui prend pour eux les rendez-vous médicaux nécessaires et les emmène en consultation. Côté observance des traitements, les malades diabétiques qui sont installés sur le site suivent plus ou moins bien leur traitement, ce qui n’est pas spécifique aux gens du voyage mais vrai pour l’ensemble de la population diabétique. Certains se lassent de devoir prendre un traitement à vie ou n’en voient pas l’intérêt tant qu’ils ne souffrant pas des complications liées au diabète. En revanche, ceux qui suivent correctement leur traitement reviennent régulièrement voir l’équipe de l’association à chacun de leur passage pour demander des conseils.

« Nous avons senti un impact positif par rapport à nos interventions. Les résidents du site d’hivernage viennent nous poser des questions sur l’alimentation, l’activité physique, les traitements. Ils veulent être sûrs de bien faire. Les parents et les enfants prennent de meilleures habitudes alimentaires et ce qui est intéressant surtout, lorsque l’on identifie des enfants à risque de diabète, est que l’on peut espérer pour eux une prise en charge médicale précoce et donc une vie future en meilleure santé », se réjouit Jacky Jachiet.

De nombreux challenges pour l’antenne de Troyes

A Troyes, l’antenne de La Fédération française des diabétiques a à cœur d’aller à la rencontre des populations à fort risque de diabète, du fait d’une mauvaise hygiène de vie ou d’un éloignement de l’accès aux soins pour diverses raisons, comme les gens du voyage, les personnes bénéficiaires des restos du cœur ou les migrants par exemple.

La prochaine étape que l’équipe troyenne aimerait franchir serait de développer également auprès des gens du voyage un programme spécifique « d’Elan solidaire » proposé par la Fédération française des diabétiques partout en France, depuis 2008, et qui consiste en un accompagnement personnalisé des malades et de leurs aidants.

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