Kit de survie, volume 1 : « dans la classe de ma petite fille, un de ses camarades est autiste et il retarde toute la classe. »

Pour ces fins d’années, nous proposons un kit de survie aux repas de fin d’année, où les conversations pleines d’idées reçues sont souvent légion. On a généralement dans nos familles, un tonton « réac » ou une tata acide, volontiers égoïstes voire, racistes et homophobes dont les sorties durant les dîners de fêtes de fin d’année nous font bondir et sont si déconcertants qu’ils parviennent même à nous clouer le bec. Cette année, on pourra sortir son mégaphone à table pour leur répondre avec aplomb, au moins sur quelques questions de santé, grâce aux arguments avancés par les associations de patients à qui nous avons soumis quelques phrases salées qui pourraient bien s’inviter à nos tables de réveillon. 

Contrer l’idée reçue : les arguments de l’association Autisme France avec Danièle Langloys, présidente de l’association et ancienne enseignante

“C’est faux de penser que l’enseignant ne respectera pas le programme si l’un de ses élèves est en situation de handicap, qu’il s’agisse d’autisme ou de toute autre forme de handicap ou de troubles de l’apprentissage. L’enseignant a l’obligation légale de respecter le programme de l’éducation nationale, et c’est également la raison pour laquelle un enfant en situation de handicap qui aurait du mal à suivre les cours, pour des raisons pédagogiques ou comportementales sera a priori souvent accompagné par un Accompagnant d’enfant en situation de handicap (AESH), qui remplacent les anciens Auxiliaires de vie scolaire (AVS), et dont la mission est d’aider l’élève à suivre les cours, en coordination avec l’enseignant, de rapatrier les consignes, de faire en sorte que l’enfant puisse suivre la classe sans porter atteinte au travail du professeur ou au bon fonctionnement de la classe et d’accompagner l’enfant dehors par exemple, s’il a besoin de faire une pause.

Pour parler plus spécifiquement de l’autisme, entre 70% et 75% des enfants autistes ont un AESH à l’école avec eux, les autres peuvent ne pas en avoir besoin s’ils suivent normalement les cours et ils ont parfois des résultats supérieurs, voire très supérieurs à la moyenne des élèves ! En outre, beaucoup d’enfants autistes ne sont pas scolarisés à plein temps afin de bénéficier de soutien pédagogique extérieur avec des éducateurs, des psychologues ou des orthophonistes par exemple. L’éducation nationale a fait beaucoup d’efforts, ces dernières années, concernant le champ de l’autisme et des stages de formation sont proposés chaque année aux enseignants pour se former à accueillir un enfant autiste. Certaines académies comme celle de Lyon, sont exemplaires sur le sujet en termes de formation et d’enseignants itinérants et font même venir des équipes-relais dans les classes, pour aider les enseignants qui auraient besoin de soutien. Aujourd’hui, c’est un cliché d’imaginer que les enseignants sont laissés à l’abandon avec un enfant autiste à gérer seul et à plein temps dans leur classe.

L’objectif, qui n’est pourtant pas encore atteint, est pourtant bel et bien que tous les enfants autistes puissent aller à l’école, avec les aménagements nécessaires, et parfois il s’agit effectivement de mettre en place de gros aménagements. Certains pays y parviennent relativement bien, comme au Canada par exemple, même s’il leur faut prévoir des aménagements d’horaires et de parcours. Il ne faut en effet pas perdre de vue qu’aujourd’hui en France, de très nombreux enfants autistes sévères ou présentant d’autres formes de handicap lourds, ne sont pas scolarisés, que les places manquent en établissements spécialisés et qu’ils n’y ont souvent accès à aucune forme d’éducation ni de scolarisation.

Enfin, comme dernier argument, ajoutons qu’il arrive parfois que des enfants autistes aient effectivement des troubles du comportement mais c’est aussi le cas de nombreux enfants qui n’ont aucun handicap et qui perturbent énormément les professeurs et la classe !”

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