Mois sans tabac : à l’hôpital

Bien que depuis 2007, la loi interdise de fumer dans l’enceinte des établissements de santé et malgré les panneaux d’interdiction bien en vue à l’intérieur, comme à l’extérieur, le Centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc à Dijon, comme beaucoup d’hôpitaux, a bien du mal à faire respecter cette interdiction de fumer.

« Les patients fumeurs ont bien entendu le droit de continuer à fumer lorsqu’ils sont hospitalisés mais notre devoir en tant que soignants est de les aider à sortir de cette addiction», explique le docteur Sylvie Zanetta, oncologue médicale et présidente du comité de tabacologie au Centre G.F. Leclerc.

Afin de se donner encore plus les moyens d’y parvenir, le Centre a donc mis en place l’intervention d’un agent de sécurité, chargé de rappeler, avec bienveillance, aux fumeurs, les consignes concernant la cigarette dans l’enceinte de l’établissement.

Même dehors, fumer est interdit…

Cela fait longtemps que le Centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc à Dijon est inscrit dans une démarche « sans tabac », qui reflète la montée en puissance de la lutte contre le tabagisme, instaurée par les pouvoirs publics. Le docteur Sylvie Zanetta explique : « Nous essayons d’améliorer au sein de notre Centre l’accompagnement des usagers fumeurs à arrêter de fumer, et tout simplement à faire respecter la loi de 2007 qui proscrit la consommation de tabac dans le périmètre des établissements de santé, tant à l’intérieur, qu’à l’extérieur du bâtiment. Cette année encore nous sommes d’ailleurs partenaires de « lieux de santé sans tabac ». Cependant, malgré toutes les mesures que nous avons prises, année après année, un point noir persiste autour de la gestion des abords immédiats de l’hôpital. Les gens ont bien compris qu’il n’était pas question de fumer à l’intérieur, mais ils se sentent libres de continuer à fumer à l’extérieur, même devant le panneau d’interdiction. ».

La mise en place de « zones de tolérance » à l’extérieur des bâtiments

Cette difficulté à faire respecter l’interdiction de fumer même à l’extérieur des murs des établissements de santé est bien entendu valable partout en France. Il est évident que les patients ont la liberté de continuer à fumer mais pour la direction des établissements, il faut malgré tout trouver des solutions pour faire respecter la loi et pour ne pas importuner les non-fumeurs avec un tabagisme passif devant les établissements ou aux abords des fenêtres de l’autre côté desquelles se trouvent du personnel ou des patients. En outre, laisser les patients ou les visiteurs fumer devant un établissement de santé, a fortiori devant un centre de lutte contre le cancer comme c’est le cas de celui de Dijon, envoie un message contre-productif par rapport à la politique de lutte contre le tabagisme. Le Dr Zanetta précise : « Certains patients ou visiteurs, les patients fumeurs en sevrage notamment, se plaignent de voir des personnes fumer devant l’établissement. Pour un malade hospitalisé qui doit arrêter de fumer pour raison médicale, ou un ancien fumeur, c’est très dur de voir du monde fumer juste devant les portes du bâtiment. ».

Le centre de Dijon a donc entrepris de mettre en place deux espaces extérieurs où il est toléré de fumer, un pour les patients et l’autre pour le personnel du centre, un peu à l’écart afin d’importuner le moins possible les autres usagers et le personnel, mais pas trop loin non plus car il reste humainement délicat de dire aux patients qui auraient des difficultés à se déplacer, ceux en fauteuil roulant ou qui aurait des perfusions particulièrement, de sortir fumer sur la voie publique.

Un agent dédié à la lutte contre le tabagisme

Pour faire en sorte que l’interdiction de fumer aux portes de l’établissement soit mieux respectée, le centre de Dijon a également missionné leur agent responsable du parking afin qu’il intervienne auprès des fumeurs pour leur demander d’aller jusqu’à l’espace extérieur où la cigarette était tolérée. Le docteur Zanetta constate « Que le rapport humain vis à vis des fumeurs, pour leur expliquer, avec le sourire, de façon bienveillante pourquoi fumer devant l’établissement est interdit et qu’une zone est cependant aménagée pour eux, augmente nettement l’adhésion des fumeurs à respecter les consignes autour de la cigarette. Enfin les attroupements des fumeurs devant les portes d’entrée et les mégots partout par terre ont commencé à disparaître ! L’intervention de l’agent a été très positive. ».

Les arguments repris par l’agent sont évidemment en premier lieu que la loi tout simplement ne permet pas de fumer dans l’enceinte des hôpitaux, même à l’extérieur, et que cela cause une gêne pour les autres usagers et le personnel.

Malheureusement, l’agent en question a donné sa démission il y a quelques semaines, mais au vu du succès de ses interventions, le Centre compte bel et bien demander à son remplaçant de poursuivre cette mission.

Un accompagnement personnalisé pour les fumeurs qui désirent arrêter

En parallèle de ces mesures, le Centre Georges-François Leclerc a disposé des affiches un peu partout dans l’établissement avec le numéro de téléphone de la tabacologue. Il y a également des prospectus d’informations à disposition des usagers. Le Dr Zanetta précise : « Au Centre, nous profitons de toutes les occasions, comme l’opération « Mois sans tabac » en novembre par exemple, pour faire un coup de projecteur sur la lutte contre le tabagisme. Nous avons conscience que les malades sont souvent bombardés d’injonctions, que l’on ne voit plus forcément les prospectus quand il y en a trop et qu’encore une fois, c’est la relation humaine qui pourra, plus que tout, améliorer la lutte contre le tabagisme. »

L’ensemble des soignants du Centre est donc formé pour proposer une aide au sevrage tabagique. Des infirmières référentes dans tous les services peuvent prescrire les patchs nicotiniques et une tabacologue, le Dr Anne Humbert, intervient dans l’établissement pour les patients ainsi que pour le personnel. Le Dr Zanetta ajoute : « Beaucoup de fumeurs ont du mal à croire que les substituts sont vraiment efficaces et quand ils essayent, ils sont parfois les premiers surpris de s’apercevoir qu’ils n’ont pas spécialement envie de descendre fumer leur cigarette à l’heure où ils en avaient l’habitude. »

1 commentaire

  • morenviller dit :

    Le tabac, le tabac mais aussi les produits parfumés, les produits chimiques que beaucoup de personnes doivent supporter alors que cela les rends malades.
    Les personnes allergiques subissent cette injustice où rien n’est fait pour supprimer ne serait-ce que les parfums dans les établissements de soins. A quand une prise de conscience ?

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