Bébés, jeunes enfants et femmes enceintes : gare aux produits solaires et anti-moustiques

S’il est indispensable de protéger les enfants et les futures mamans des moustiques, surtout dans les zones où ils peuvent transmettre de graves maladies comme le paludisme, le chikungunya, la dengue ou zika, il faut pourtant privilégier pour eux les solutions qui utilisent le moins de répulsifs possibles dans la mesure où ils contiennent des produits toxiques.

De la même façon, certains produits pour se protéger du soleil sont assez controversés, notamment ceux contenant des filtres chimiques ou des nanoparticules.

Comment choisir les produits les plus adaptés quand on n’a pourtant pas le choix et que l’on doit en utiliser :

  • Parce que l’on est enceinte ou que l’on a des enfants petits et que l’on part ou que l’on vit dans une zone infestée par les moustiques ?
  • Parce qu’une future maman ou des enfants ne peuvent pas se protéger du soleil en restant totalement à l’ombre et doivent appliquer une protection solaire cutanée ?

Dans la mesure où l’organisme des enfants est en plein développement il faut absolument penser à prendre davantage de précautions avec :

  • Les plus petits qui ont une peau fine et fragile et sont particulièrement exposés aux contaminants chimiques contenus dans des protections cutanées ;
  • Les bébés à naître dans le ventre de leur maman si elle est elle-même exposée à des contaminants chimiques, car la barrière du placenta ne suffit pas à les préserver de la pollution chimique ;
  • Les enfants allaités si la maman est exposée à des contaminants chimiques qui peuvent passer à travers le lait maternel ou si les produits cutanés sont appliqués sur le sein. 

ANTI-MOUSTIQUES

Tous les anti-moustiques ne conviennent pas aux enfants

Bien que chez les enfants, les piqûres de moustiques, en nombre et en taille, soient impressionnantes, elles sont rarement dangereuses dans les zones qui ne présentent pas de risque de transmission de maladies par les moustiques. Il faut alors surtout veiller à ce qu’une piqûre grattée cicatrise correctement et ne s’infecte pas.

De fait, il est préférable, dans ces régions, pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, de privilégier des solutions de protection sans répulsifs chimiques (sprays, diffuseurs, tortillons), car ces derniers contiennent des produits chimiques toxiques comme le DEET (N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide) ou le IR3535 (N-acétyl-N-butyl-βalaninate d’éthyle).

Ces produits chimiques peuvent en effet altérer le développement de l’enfant à naître puisque le placenta ne suffit pas à protéger le bébé dans le ventre de sa mère qui peut être contaminée par des produits appliqués sur la peau ou inhalés par le biais de sprays ou de diffuseurs.

Ces produits peuvent évidemment être également dangereux pour la croissance du petit enfant directement exposé à ces contaminants chimiques.

Voici donc 3 préconisations issues des recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2019 :

  • Chez l’enfant et la femme enceinte, l’utilisation des répulsifs cutanés doit respecter un mode d’emploi précis, résumé dans ce tableau :
    https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/tableau_repulsif_recos_mars_2016.pdf
  • Chez l’enfant, l’application des répulsifs cutanés ne doit pas être faite sur les mains.
  • Chez la femme allaitante, l’utilisation des répulsifs cutanés est possible en respectant les mêmes précautions que chez les autres adultes et en veillant à la non-application au niveau du sein ainsi qu’au lavage des mains avant la mise au sein.

Le tableau en lien ci-dessus précise notamment que des répulsifs vendus en grandes surfaces ou en pharmacies, dont certains portent sur leur étiquette la mention « enfants », sont tout simplement contre-indiqués chez les enfants de moins de 24 mois et que le nombre d’applications quotidiennes de ces produits est également limité jusqu’à 12 ans.

Ces produits sont aussi contre-indiqués aux femmes enceintes si elles ne sont pas exposées à un risque de maladies transmises par les moustiques.

Rappelons également que l’utilisation des huiles essentielles peut être dangereuse chez la femme enceinte et les jeunes enfants. Consultez votre pharmacien avant toute utilisation.

Petite note en passant concernant les appareils à ultrasons et applis pour smartphones basées sur les ultrasons contre les moustiques : d’après les tests réalisés par Que Choisir, ces dispositifs sont à bannir et n’ont aucun effet répulsif sur les moustiques.

Les alternatives aux répulsifs chimiques

  • Assécher ou recouvrir tous les endroits où il pourrait y avoir de l’eau stagnante (coupelles, vases, gouttières, seaux, matériels de jardins, bidon de récupération d’eau, etc.) car les moustiques s’y reproduisent
  • Porter des vêtements couvrants
  • Installer des moustiquaires au-dessus des lits et aux fenêtres
  • Eteignez les lumières quand la nuit tombe
  • Mettez la climatisation si possible (bien que ce ne soit pas très écolo !) car les moustiques n’aiment pas les endroits frais

Précautions dans les zones à risque de transmission

Dans de nombreuses régions du monde, et désormais également en France métropolitaine, certains genres de moustiques transmettent des maladies à travers leurs piqûres et les répulsifs doivent alors être envisagés afin de diminuer le risque de contamination.

Les moustiques dangereux sont :

  • Les genres Anopheles et Culex qui :
    • Peuvent transmettre le paludisme et d’autres maladies comme le virus du Nil occidental ou l’encéphalite japonaise
    • Piquent plutôt la nuit
    • Se concentrent dans les zones tropicales d’Afrique, d’Amérique et d’Asie et aussi dans des zones plus tempérées, notamment aux États-Unis, en Asie et parfois en Europe
  • Le genre Aedes, dont fait partie le moustique tigre (également appelé Aedes albopictus) qui est désormais implanté en France métropolitaine, surtout dans le sud de l’hexagone et qui :
    • Peut transmettre le chikungunya, la dengue ou zika
    • Pique plutôt le jour
    • Est originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est. Le moustique tigre est aujourd’hui présent dans plus de 80 pays d’Asie, de l’océan Indien, du Pacifique, d’Afrique, du bassin méditerranéen et des Amériques.

Les risques de zika durant la grossesse

Les femmes enceintes doivent être très attentives à ne pas se faire piquer par des moustiques si elles se rendent dans des zones où vivent les espèces qui transmettent des maladies et particulièrement zika. En effet, si une femme enceinte est infectée par zika, notamment au premier trimestre de la grossesse, cela présente un risque d’anomalies du développement du cerveau du bébé à naître.

Il est donc conseillé aux femmes enceintes de reporter un voyage prévu dans les régions à risques où il leur est recommandé de porter des vêtements qui couvrent au maximum la peau, de se protéger à l’intérieur avec des moustiquaires sur les lits et les fenêtres et d’utiliser des répulsifs sur les parties découvertes du corps, en prenant soin de choisir des produits adaptés aux femmes enceintes et de respecter le nombre d’applications quotidiennes maximum recommandé.

Zones infestées par le moustique tigre en France

Le moustique tigre a fini par arriver dans l’hexagone et vous pouvez suivre et participer à l’information sur sa progression, année par année, sur la carte du portail de signalement du moustique tigre : http://www.signalement-moustique.fr/signalement_albopictus/

En France métropolitaine, il y a donc quelques cas recensés de maladies transmises par le moustique tigre. Voici les chiffres de cas déclarés du 1er mai au 30 novembre publiés sur le site de Santé Publique France, où vous trouverez des précisions sur les zones géographiques concernées :

  • 189 cas importés de dengue
  • 6 cas importés de chikungunya
  • 8 cas autochtones de dengue

Dans les zones où les moustiques tigre sont apparus en France métropolitaine, et a fortiori dans celles où il y a des cas de dengue ou de chikungunya, il est important d’éviter la prolifération des moustiques tigre en asséchant ou en couvrant tous les foyers d’eau stagnante et de se protéger de leurs piqûres en utilisant des moustiquaires, des vêtements couvrants et des répulsifs en suivant les précautions d’emploi adaptés aux femmes enceintes et aux nourrissons résumés dans ce tableau.

PROTECTIONS SOLAIRES

Quand il s’agit de protéger du soleil la peau de ses enfants ou la sienne, on préfère ne pas lésiner sur l’efficacité ! Le problème est que certaines crèmes qui protègent bien des rayons UV contiennent également des filtres ou des composés chimiques dont certains sont accusés d’être des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils altèrent le système hormonal et peuvent provoquer, des troubles de la croissance, du développement, de la reproduction, qui peuvent se révéler d’autant plus graves s’ils touchent des enfants, soit directement, soit dans le ventre de leur maman durant la grossesse.

En effet, le placenta ne protège pas l’enfant des contaminations chimiques subies par la maman et la peau des enfants, très fragile, est plus sensible encore à ce type de contamination cutanée.

En matière de crème solaire, il y a deux types de filtres :

  • Les filtres chimiques qui absorbent les UV mais qui sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens
  • Les filtres minéraux à pigments blancs comme le dioxyde de titane ou l’oxyde de zinc, qui réfléchissent les rayons. Les filtres minéraux sont, a priori, inoffensifs mais il y a un doute sur leur innocuité quand ils sont utilisés sous la forme de nanoparticules. En effet, l’inconvénient de ces filtres minéraux est qu’ils sont difficiles à étaler et ont tendance à laisser un film blanc sur la peau assez peu esthétique. Pour résoudre ce problème, certains fabricants réduisent la taille des particules jusqu’à utiliser parfois des nanoparticules qui sont très controversées car elles pourraient ainsi pénétrer dans l’organisme sans que l’on connaisse leur impact sur la santé (lire l’article de 66 Millions d’Impatients sur les nanoparticules).

Notez que si dans les cosmétiques bio, il est interdit d’utiliser des filtres chimiques, en revanche, certains labels bio autorisent l’utilisation de nanoparticules.

Dans tous les cas, la peau des bébés et des jeunes enfants est beaucoup trop fragile pour supporter une exposition au soleil. Même avec de la crème, il faut éviter absolument qu’un bébé soit exposé aux rayons du soleil, surtout entre 12h et 16h, qui est le moment où les rayons sont les plus forts car cette tranche horaire correspond en gros aux deux heures avant et après que le soleil soit à son zénith en France en été.

En outre, n’oubliez pas que même sous un parasol, sur la plage, la peau d’un bébé n’échappe pas aux UV à cause de la réverbération des rayons sur le sable et sur la mer.

Voici une piste pour vous aider à choisir : un comparatif établi par UFC-Que Choisir concernant les substances toxiques dans les produits solaires

Retrouvez notre série d’articles dans notre article introductif au DOSSIER :
Femmes enceintes et enfants en danger face aux produits chimiques du quotidien

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