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Prenez le contrôle de votre carnet de santé numérique : le DMP

Après plusieurs mois d’expérimentation dans 9 départements en 2017, en septembre 2018, le dossier médical partagé (DMP) est étendu à tous les départements en France. Chaque personne rattachée à un régime de Sécurité sociale peut désormais créer son propre DMP. Avez-vous déjà pensé à ouvrir le vôtre ?

LE DMP, C’EST QUOI ?

Le DMP ou dossier médical partagé est votre carnet de santé numérique personnel.
Il est accessible depuis un ordinateur et également sur smartphone et tablette.

Vous seul pouvez décider d’en ouvrir un et vous en gardez le contrôle.
Il est gratuit, confidentiel, non obligatoire et sécurisé.

Votre DMP peut contenir :
• Votre historique des soins des 24 derniers mois, alimenté par l’Assurance maladie
• Vos pathologies et allergies
• Vos traitements médicamenteux
• Vos comptes rendus d’hospitalisation
• Vos résultats d’examens (radios, analyses biologiques, etc…)
• Votre personne de confiance ou les personnes à prévenir en cas d’urgence que vous indiquerez

VOUS AVEZ LE CONTRÔLE

C’est vous qui décidez qui peut accéder et alimenter votre DMP. Vos médecins, laboratoires d’analyses médicales, établissements de santé n’ajoutent des informations dans votre DMP qu’avec votre accord.
Vous pouvez également ajouter vous-mêmes des documents médicaux.

C’est vous qui décidez qui a accès à vos documents. Vous pouvez masquer des documents à la vue des professionnels de santé de votre choix. Seul votre médecin traitant a accès à l’ensemble de votre dossier. En outre, selon leur profession, les accès sont automatiquement limités pour certains soignants comme votre opticien par exemple.

Vos données sont sécurisées. Votre accès est protégé par la saisie d’un identifiant et d’un mot de passe personnalisable et les données du DMP sont conservées par un hébergeur de données de santé agréé.
Personne, en dehors des professionnels de santé autorisés, ne peut accéder à votre DMP, ni votre banque, ni votre mutuelle, ni votre médecin du travail, ni même l’Assurance Maladie, qui peut ajouter des informations mais ne peut pas consulter votre DMP.

L’INTÉRÊT D’OUVRIR SON DMP…

• Faciliter la coordination entre les professionnels de santé qui vous suivent
• Regrouper toutes vos informations médicales et les retrouver facilement
• Eviter les risques liés aux interactions médicamenteuses
• Eviter la prescription d’examens médicaux déjà effectués
• Assurer une meilleure prise en charge en cas d’urgence si vous n’avez pas expressément refusé l’accès à votre DMP aux équipes d’urgence

COMMENT CRÉER SON DMP ?

• Directement en ligne, sur le site dmp.fr. Des identifiants de connexion vous sont alors directement communiqués

• À l’accueil de votre organisme d’Assurance Maladie qui vous remettra sur papier vos identifiants de connexion

• Chez votre pharmacien ou un professionnel de santé équipé d’un logiciel compatible avec le dossier médical partagé. Le professionnel qui aura créé pour vous votre DMP vous remettra vos identifiants de connexion sur papier.

INTERVIEW DE FÉREUZE AZIZA, CHARGÉE DE MISSION ASSURANCE MALADIE CHEZ FRANCE ASSOS SANTÉ

66 Millions d’Impatients : Le DMP existe depuis plusieurs années, pourquoi est-il remis à l’honneur et deviendra-t-il incontournable ?
Féreuze Aziza : Le DMP est une vieille histoire, qui date de 2004 et s’appelait à l’origine, le dossier médical personnel. Il n’a pas eu le succès escompté au départ, principalement parce que la technologie n’était pas aussi évoluée à l’époque et que les fonctionnalités proposées étaient différentes. Aujourd’hui, nous sommes bien plus ancrés dans l’ère du numérique et avons fait de réels progrès, notamment sur la sécurisation des données. Cela permet de penser que le DMP a désormais toutes ses chances pour que le public se l’approprie et qu’il réponde à ses attentes.
Aujourd’hui on compte près de 4,6 millions de DMP ouverts dont 2 millions de DMP alimentés régulièrement par les professionnels de santé alors qu’il n’y en avait que 400 000 ouvert en 2016. Le mouvement semble bel et bien lancé.

Les associations de patients ont-elles été consultées lors de la refonte du DMP ?
Oui, car il était nécessaire que les patients soient pleinement acteurs de la gestion de leur dossier médical partagé. Les patients ont accès à toutes les informations de leur dossier et gardent le contrôle sur leur gestion. Seules quelques informations sensibles peuvent être masquées par les professionnels de santé pour un certain temps, lorsque ces informations nécessitent un accompagnement, comme dans le cas d’un document qui montrerait les signes d’une maladie grave et pour laquelle il est indispensable de voir un médecin qui explique le diagnostic avant que le patient puisse en prendre connaissance.

Pour que le DMP soit un succès et facilite la coordination de leurs soins, il faut convaincre les patients en premier lieu ?
Oui, car le DMP est un outil de coordination géré par le patient. C’est lui qui décide de l’ouverture de son dossier médical partagé, qui n’est pas obligatoire, puis le patient a la main sur sa gestion. Il a même désormais accès, via le DMP, à son dossier communicant de cancérologie (DCC), qui jusque là n’était pas accessible au patient.
L’usager a accès à tout et par défaut, les professionnels de santé ont également accès à son dossier avec des habilitations différentes suivant qu’il s’agit du médecin traitant, des autres médecins (spécialistes ou généralistes), d’une infirmière, d’un psychologue, d’un kinésithérapeute, etc. Selon la profession médicale et le degré d’habilitation, les professionnels ont donc un accès plus ou moins restreint.
En outre, l’usager peut interdire l’accès de son dossier aux professionnels de santé de son choix, ou masquer certains documents à la vue de professionnels de santé.
Dans le cas des mineurs, dont l’accès au DMP est géré par les parents, les jeunes de moins de 18 ans peuvent demander aux professionnels de santé de masquer certaines informations à leurs parents, puisqu’ils ne sont pas tenus de les informer par exemple, de la prise d’une contraception ou du recours à une interruption volontaire de grossesse.

Il y a pourtant des blocages du côté des professionnels de santé ?
Le fait que l’usager ait pleinement la main sur son DMP entraîne que les professionnels de santé se sentent un peu dépossédés de cet outil.
Nous avons des retours de patients qui ont ouverts leur DMP et ont demandé à ce que les professionnels de santé qui les suivent le remplissent, mais ils rencontrent malheureusement souvent des refus. Beaucoup de professionnels de santé se plaignent que le DMP est un dispositif encore trop compliqué et chronophage.
Pourtant, d’un point de vue technique, normalement tous les logiciels métiers, dans leur dernière version, sont compatibles avec le DMP. C’est-à-dire que dès lors que les professionnels de santé ont la dernière version de leur logiciel de gestion des patients, le transfert des documents dans le DMP est simplifié. Pour encourager les professionnels de santé libéraux à s’équiper avec une version de logiciel compatible avec le DMP, il a été prévu pour eux une forme de rémunération. En outre, l’Assurance Maladie se déplace dans les établissements de santé pour les aider à mettre en place les liens entre le DMP et les logiciels métiers.
France Assos Santé a rendu un avis dans le cadre du projet de loi santé « Ma santé 2022 » dans lequel nous avons précisé qu’il serait pertinent de mettre en place l’obligation auprès des professionnels de santé de renseigner au moins une synthèse dans le DMP de leurs patients.
Dans tous les cas, il ne faut pas que les patients hésitent à dire à leurs praticiens l’importance que le DMP a pour eux, notamment en cas d’urgence. Cela rappelle d’ailleurs les débuts de la carte Vitale que tous les professionnels de santé n’acceptaient pas.

Il y a un grand souci porté sur la sécurisation du DMP ?
Tout à fait. Il y a bien sûr un code d’identification et un mot de passe à créer, puis, à chaque connexion, il faut renseigner un code à usage unique, comme pour certains systèmes bancaires. Ces codes sont envoyés, selon le choix de l’usager, par mail ou SMS.

Comment séduire les personnes qui ne se servent pas des outils numériques, notamment les personnes âgées ?
Pour ceux qui ne sont pas très à l’aise avec le numérique, ils peuvent demander de l’aide pour ouvrir leur DMP auprès de leur pharmacien ou de leur médecin. En effet, de nombreux pharmaciens ont demandé une autorisation pour aider à l’ouverture des DMP et ils reçoivent une rémunération d’1€ par ouverture de dossier de la part de l’Assurance maladie. C’est totalement gratuit pour le patient.
Même s’ils ne le consultent pas régulièrement et ne se servent pas de toutes les fonctionnalités mises à leur disposition, les patients peu à l’aise avec le numérique peuvent prévenir leurs médecins de l’existence de ce DMP. Cela permettra, en cas d’urgence, aux équipes soignantes, d’avoir les informations renseignées le cas échéant, par les professionnels de santé qui auront alimenté leur DMP.

Est-ce qu’il y a des points à améliorer pour les patients ?
L’Assurance Maladie est ouverte aux propositions d’évolution. Il pourrait être utile, par exemple, de mieux structurer l’espace personnel du DMP qui n’est pas organisé en rubrique. De fait, les documents mis par l’usager dans son espace personnel sont un peu désordonnés. C’est d’autant plus important si le patient veut ajouter des documents par lui-même dans le cas où il a été suivi par un professionnel qui n’a pas alimenté son DMP.
Une autre évolution intéressante serait de fusionner le dossier pharmaceutique, le carnet de vaccination numérique et le dossier médical partagé. On espère que des accords pourront être trouvés dans ce sens.
L’Assurance Maladie travaille aussi à l’accès des dossiers des enfants, car actuellement, seuls un des deux parents est détenteur des accès du dossier de leurs enfants, or cela peut poser des problèmes pour les couples séparés ou divorcés.

EN SAVOIR PLUS
Lien vers la brochure de France Assos Santé, « Pourquoi créer son Dossier Médical Partagé ? »

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