Cueillir les champignons, conseils de prudence

Champignon : un cueilleur averti en vaut deux

Que vous soyez érudit, amateur ou simple néophyte en matière de champignons, la prudence reste de mise au moment de la cueillette afin d’éviter les intoxications. Les cas sont moins rares qu’on ne pourrait le croire. Le point sur ce qu’il faut savoir.

Cèpes, Girolles, Pieds-de-mouton, Trompettes-de-la-mort… Jusqu’aux premières gelées, les amateurs de champignons vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Gare, quand même, aux mauvaises rencontres. Chaque année, environ un millier d’intoxications dues aux champignons sont rapportées aux Centres antipoison et de toxicovogilance répartis sur le territoire. L’Aquitaine, le Midi-Pyrénées et le Rhône-Alpes constituent les régions où le nombre d’intoxications est le plus élevé. Les cas les plus graves peuvent nécessiter une greffe du foie, voire entraîner la mort.

Le dernier rapport sur le sujet de l’Institut de veille sanitaire (InVs), qui réalise une surveillance annuelle des intoxications par des champignons depuis 2010, date de début septembre. Sur la période allant de fin juin à fin août, l’institut a enregistré 212 cas d’intoxication par des champignons. Depuis le début du mois d’aôut, peut-on lire sur le site de l’InVs, « le nombre de cas d’intoxication par champignon est en augmentation constante avec un total cumulé pour les seules semaines 34 et 35 de 126 cas, soit 59% du total des cas depuis le 29 juin 2015« .

Conseils au moment de la cueillette des champignons

On recense environ 3000 espèces de champignons en France, dont 100 environ sont comestibles. Une centaine sont potentiellement toxiques et une vingtaine mortels. Évitez les espèces à lames blanches : nombre de champignons toxiques, l’Amanite phalloïde notamment, présentent ce caractère. Afin de faciliter l’identification, ne ramassez que les champignons entiers (munissez-vous d’un bon couteau de type Opinel ou Laguiole, coupez net le champignon à la base sous la volve, afin de récupérer tous les éléments utiles à sa reconnaissance). Veillez également à ne pas mélanger les espèces entre-elles (déposez les champuignons séparément, dans un panier ou un carton ; pas dans un sac plastique, qui accélèrerait leur pourrissement!). Un champignon comestible peut devenir impropre à la consommation s’il s’est trouvé en contact prolongé avec un congénère toxique.

Attention, prévient la société mycologique de France (SMF) : quasiment tous les champignons comestibles possèdent un ou plusieurs sosies toxiques. C’est ainsi que ces dernières années, plusieurs drames ont été provoqués par des petites lépiotes mortelles confondues avec des mousserons dans les jardins urbains. Même les cèpes ne sont pas sans risques, indique la SMF, rappelant qu’en 2011, le Bolet de Satan, très indigeste, a intoxiqué plusieurs amateurs qui ignoraient l’existence de ce sosie.

Tout champignon qui n’est pas identifié avec certitude présente un risque. Les pharmaciens sont normalement en mesure de vous aider. Certains hésitent toutefois à endosser cette responsabilité. Demandez à être aiguillé vers un confrère mieux à même de vous répondre. Vous pouvez également solliciter l’aide des sociétés de mycologie de votre région. La consultation d’ouvrages spécialisés (voir nos suggestions de lecture en bas de page) est utile mais ne dispense pas d’un avis extérieur.

Que faire en cas d’intoxication ?

Nombre d’espèces, qu’elles soient comestibles ou non, possèdent par ailleurs la propriété d’accumuler les polluants de leur environnement (les métaux lourds notamment). C’est pourquoi, on déconseille la cueillette près des routes, des zones de culture, des aires industrielles, ou encore des décharges ou des incinérateurs. Dernier conseil : les champignons ne doivent en aucun cas être consommés crus. Même les espèces comestibles sont susceptibles de contenir des substances toxiques. Ces substances seront détruites par la chaleur. Le conseil vaut notamment pour les Morilles et les Golmottes.

En cas d’intoxication, les symptomes varient selon l’espèce qui a été consommée. Vous êtes sujet à des diarrhées ou à des vomissements importants, même plusieurs heures après le repas ? N’attendez pas pour réagir.

  • Téléphonez au Centre antipoison de votre région (pour obtenir ses coordonnées : www.centres-antipoison.net) ou composez le 15.
  • Notez l’heure d’ingestion ainsi que le moment exact d’apparition des premiers symptômes en essayant d’évaluer la quantité absorbée.
  • Récupérez les épluchures ou les restes du repas afin d’identifier les champignons en cause et de décider du traitement adéquat.

Suggestions de lecture, pour aller plus loin :

Champignons de France et d’Europe ; Régis Courtecuisse et Bernard Duhem ; Delachaux et Niestlé ; 2013 ; 35,40 €

Champignons de France et d’Europe occidentale ; Marcel Bon ; Flammarion ; 2014 ; 23,50 €

Le Guide des champignons – France et Europe ; Guillaume Eyssartier et Pierre Roux ; Editions Belin, 2013 ; 36,00 €

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