Concerts en plein air, bars musicaux, soirées en discothèque… ces activités estivales exposent les jeunes gens à un risque accru de troubles de l'audition.

Quand les troubles de l’audition gâchent la fête

Concerts en plein air, bars musicaux, soirées en discothèque… ces activités estivales exposent les jeunes gens à un risque accru de troubles de l’audition. Les conseils de prévention à observer…

 

« Ce soir-là, à la fin du concert, elle n’entendait plus rien même en se rapprochant des baffles. Attribuant cet état à l’abus de boissons alcoolisées, elle est rentrée chez elle mais elle continuait d’entendre comme au travers d’un tampon d’ouate et ses oreilles se sont mises à bourdonner. Cet état a persisté une semaine ». 

Ce témoignage est l’un de ceux mentionnés par l’Association de la Journée nationale de l’audition dans une brochure visant à sensibiliser les adolescents et les jeunes adultes au risque d’une exposition à une ambiance sonore d’intensité trop élevée. Cette association regroupe des médecins ORL, des audioprothésistes, des fabricants de matériels ou encore des représentants de patients. Chaque année depuis 18 ans, elle organise en mars une journée nationale dédiée à la santé auditive.

Gare à la fragilité des cellules de l’oreille interne

Les auteurs de cette brochure rappellent que « la musique peut constituer, lorsqu’elle est écoutée à niveau trop élevé, une gêne pour les autres et, malgré le plaisir ressenti, un dangereux traumatisme pour l’oreille interne ». De fait, cette partie de l’organisme est tapissée de cellules dont la fonction consiste à transformer les vibrations sonores en influx nerveux qui est ensuite envoyé vers des zones dédiées du cerveau.

On estime que le bruit présente un risque pour la santé à partir d’une puissance sonore de 85 à 90 décibels (dB). Un niveau qui peut largement être atteint en discothèque, concerts et autres bars musicaux ou encore lors de l’utilisation de baladeurs numériques dont le volume maximum de sortie est fixé à 100 dB par la réglementation.

Des vibrations sonores de trop forte intensité sont susceptibles de détériorer ces cellules qui ne possèdent pas la capacité de se renouveler. A terme, c’est donc son propre capital auditif que le mélomane imprudent met à mal. Avec le risque, que les troubles de l’audition, dont on sait qu’ils sont fréquents chez les personnes âgées, surviennent de façon prématurée. Sans parler des troubles aigus qui peuvent se manifester à la suite directe de l’exposition. 

Un risque variable selon l’intensité et la durée d’exposition

Bourdonnements, sifflements, acouphènes, surdité partielle… Les effets dépendent non seulement de l’intensité sonore mais aussi du temps d’exposition. C’est ainsi que selon l’association JNA, s’il « est exceptionnel d’avoir un traumatisme aigu, lors d’une soirée passée à un niveau inférieur à 100 dB, quelques minutes à 110 dB suffisent à le provoquer ». La survenue d’un trouble de l’audition après exposition à une source sonore d’intensité élevée témoigne d’une atteinte directe des cellules de l’oreille interne et doit alerter l’individu qui veillera à faire en sorte qu’ils ne se répètent pas. 

« Ces dernières années, indiquait en juin 2012 l’Institut national de prévention et d’éducation en santé (Inpes), les risques auditifs [chez les jeunes gens notamment, ndlr] sont devenus une préoccupation importante de santé publique. Les troubles de l’audition causés peuvent être irréversibles et concernent une part non négligeable et grandissante de la population, en particulier les jeunes dont environ 10 % présentent une perte auditive pathologique ». 

Les jeunes gens, pourtant exposés de par leurs activités, font preuve d’une relative nonchalance vis-à-vis du risque de détérioration de leur capital auditif. D’après le baromètre santé environnement – maintenant un peu ancien – publié en 2007 par l’Inpes, seulement 12% des 18-25 ans estiment que le bruit constitue un risque très élevé. D’où l’appel à prudence régulièrement relayé par les pouvoirs publics ou les associations oeuvrant dans le domaine. Les recommandations à retenir afin de limiter le risque de voir se développer des troubles de l’audition…

En concert et en discothèque :

  • Tenez vous, autant que possible, éloigné des enceintes. C’est évidemment à leur proximité que le niveau sonore est le plus élevé ;
  • Portez des bouchons d’oreilles en cas d’inconfort ou de douleur. Ces dispositifs peuvent être fournis à l’entrée des concerts. Ils sont également commercialisés chez les audioprothésistes, en pharmacie ou sur Internet. Attention, prévient l’Inpes, « pour les retirer, il est nécessaire d’être au calme pour ne pas exposer brutalement ses oreilles à un volume sonore élevé » ;
  • Ménagez vous des pauses à l’extérieur ou dans une zone calme. L’Inpes recommande trente minutes toutes les 2 h ou dix minutes tous les ¾ d’heure. 

Avec un casque ou des écouteurs :

  • Réglez le volume à la moitié du maximum du baladeur ;
  • Utilisez plutôt les casques ou écouteurs fournis avec l’appareil qui garantissent un volume sonore maximum de 100 dB ;
  • Réglez le volume dans un endroit calme et ne l’augmentez pas en fonction du bruit environnant ;
  • Limitez la durée d’écoute : les durées hebdomadaires d’écoute ne doivent pas dépasser 20 heures à volume moyen, 4 heures seulement si le baladeur est poussé à son maximum, conseille l’association JNA.

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