Annoncer son cancer à son employeur n’est pas sans risque !

La Ligue contre le cancer vient de publier le 3ème rapport de l’Observatoire sociétal des cancers qui apporte un éclairage nouveau sur l’impact néfaste de la maladie sur le parcours professionnel.

Deux ans après l’annonce du diagnostic, 30% des personnes qui étaient en poste ne le sont plus. 11% se sont senties pénalisées professionnellement à cause de leur cancer.

Voilà des chiffres éloquents montrant combien il est difficile de progresser professionnellement ou simplement de conserver son emploi lorsqu’on est atteint d’un cancer. Cela explique en partie pourquoi 17% des salariés interrogés choisissent (sont contraints ?) de ne pas informer leur employeur de leur maladie.

Cela amène évidemment pour les personnes malades à s’interroger sur la stratégie à adopter vis-à-vis de son employeur et de ses collègues : faut-il en parler ?

A entendre les chefs d’entreprise interrogés, il n’y a pas vraiment de sujet puisqu’ils ne sont que 8% à estimer que le cancer est tabou dans l’entreprise et 79% déclarent avoir fait bénéficier de mesures spécifiques à leur(s) salarié(s) atteints d’un cancer.

Pour les salariés atteints d’un cancer, la perception est bien différente puisque 63% estiment qu’il s’agit d’un sujet tabou. Leur réalité est aussi bien différente puisqu’ils sont 33% à n’avoir bénéficié d’aucune mesure pour les aider durant leur traitement et 50% à avoir eu à subir des répercussions néfastes sur leur situation professionnelle.

Concernant la problématique cancer et travail, le rapport met l’accent sur deux profils de personnes : les travailleurs indépendants et les travailleurs à temps partiel contraints de continuer à travailler en l’absence de prise en charge des arrêts de travail.

L’Observatoire revient également sur les frais engendrés par la maladie, battant en brèche l’idée que la Sécurité sociale prendrait tout en charge.

47% des malades interrogés déclarent avoir eu des frais de santé restés à leur charge s’élevant à près de 1 000 euros pour les 2/3 d’entre eux. Ces frais qui concernent souvent la prise en charge des effets secondaires et des séquelles, obligeant certaines personnes à y renoncer, ce qui accentue les inégalités de santé.

Observatoire sociétal des cancers, 3e rapport, Ligue nationale contre le cancer

 

 

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