Un DMP sur clé USB pour les patients en ALD ? Une fausse bonne idée !

Vous vous souvenez ? C’était il y a quatre ou cinq ans, le DMP (Dossier médical personnel) était adopté par le Parlement. Il devait être opérationnel … en 2007. Cinq ans après son lancement, il n’y a toujours rien au rendez-vous.

 

Le projet de loi relatif à la sécurité sociale entérine d’ailleurs les difficultés du DMP. Une nouvelle institution va sortir de terre : l’Agence des systèmes d’information partagés (ASIP). C’était une des recommandations du rapport remis par Michel Gagneux (IGAS) à la demande de la Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. Avec cette ASIP, il s’agit de reconsidérer totalement la logique de déploiement du DMP sur un calendrier et des moyens enfin appropriés.

 

Patatras, le député UMP du Loiret, Monsieur Jean-Pierre DOOR nous en prépare une bien bonne : la clef USB-DMP ! Réservée à qui ? Aux malades en affection de longue durée ! Parce que selon l’auteur de la proposition, adoptée par les députés qui ont suivi sans ciller, il s’agit des patients pour lesquels « il est le plus urgent de disposer d’un suivi informatisé des prescriptions et des soins »…

 

Avant les pestiférés avaient une crécelle qui annonçait leur arrivée dans nos bonnes cités, maintenant les malades de longue durée auront un USB-DMP, comme ça on les reconnaîtra au premier coup !

 

Il faudra donc que le Sénat annule cette disposition, car ce n’est pas ce que les patients attendent. Ce qu’ils attendent c’est un plan de soins coordonné digne de ce nom et qu’on leur refuse malgré leur demande insistante. D’ailleurs, si les députés veulent faire assaut de bonnes idées, nous leur recommandons de lire et de relire la plate-forme du CISS : « Changer de logiciel ». Nous y détaillons suffisamment de propositions concrètes pour augmenter la qualité et la coordination des soins sans stigmatiser les malades.

 

Si la solution d’une clef USB-DMP peut représenter un éventuel intérêt pour l’usager, ce n’est qu’en aval d’un DMP parfaitement huilé et charpenté. La mettre en œuvre en amont, comme cela est proposé par Monsieur Door, risque d’en faire un service gadget qui rencontrera, de plus, de grandes difficultés pour que soient respectées certaines règles essentielles de sécurité, notamment celles liées à la traçabilité des données et à leur conservation.

 

De solides fondations pour la maison DMP sont attendues depuis 2004. Qu’aujourd’hui, Monsieur Door propose de reprendre les travaux en débutant par la cheminée nous semble pour le moins incongru !

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