Quelle stratégie nationale en santé bucco-dentaire ? France Assos Santé contribue à la consultation publique lancée par l’ADF et le COMIDENT

La santé bucco-dentaire est un véritable enjeu de santé publique.

Pourtant, en dehors d’un plan de prévention entre 2006 et 2010, « la France navigue sans pilote sur la santé bucco-dentaire » s’alarmait en 2013 l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) dans son rapport « Evaluation des pratiques et de l’exercice de la profession de chirurgien-dentiste ».

10 ans après, la situation reste inchangée : en dépit d’une nouvelle convention entre l’Assurance maladie et les chirurgiens-dentistes et du « 100% santé », la France ne dispose toujours pas de stratégie sur le bucco-dentaire.

Le volet préventif est absent de la stratégie des autorités de santé, l’accès aux soins bucco-dentaires étant principalement abordé sous un angle financier via le « 100% santé ». La prévention et les soins conservateurs sont encore trop mis de côté au profit des soins prothétiques.

Les pouvoirs publics communiquent également peu sur la nécessité de consulter régulièrement un chirurgien-dentiste pour limiter les risques. Pourtant, insister sur la prévention c’est éviter des dizaines de milliers de pathologies par an, mais aussi des coûts élevés pour les finances publiques et les personnes prises en charge plus précocement.

Au quotidien, les implications de la santé bucco-dentaire sont multiples. Etroitement liées à l’état de santé général.

Une mauvaise santé bucco-dentaire est un facteur de risque ou aggravant pour de nombreuses maladies comme le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les AVC et Alzheimer.

Il ne faut pas non plus omettre l’impact social négatif qu’engendrent les pathologies bucco-dentaires. Des déficits, voire un renoncement aux soins, sont notamment constatés parmi les personnes en situation de handicap et de fragilité sociale. Or, une bonne santé bucco-dentaire participe au bien-être des individus et répond à des besoins vitaux et sociaux éminemment importants comme s’alimenter et parler.

Comme le rappelait l’OMS en novembre 2022, les pathologies bucco-dentaires sont pourtant « en grande partie évitables », « peuvent être traitées à un stade précoce » et « à l’origine d’une importante charge de morbidité […] en provoquant une gêne, des douleurs, des préjudices esthétiques, voire la mort ».

C’est pourquoi l’Association Dentaire Française et le COMIDENT ont lancé une plateforme de consultation publique entre le 21 septembre et le 31 octobre 2023, où les contributions des des parties-prenantes ont pour vocation d’alerter les pouvoirs publics sur les enjeux de prévention en matière de santé bucco-dentaire et d’amélioration de sa prise en charge, et ce pour tous les publics.

France Assos Santé a publié sa contribution sur la plateforme, dans laquelle elle souligne que les usagers n’ont pas suffisamment accès à la santé bucco-dentaire. Souvent peu ou mal orientés par les médecins, les patients n’ont souvent pas conscience des impacts des problèmes dentaires (dénutrition liée à des problèmes masticatoires,  infections récurrentes qui peuvent mettre en danger les personnes en situation de maladie chronique, notamment les personnes avec des affections cardiaques, les personnes diabétiques ou immunodéprimées en raison de traitements immunosuppresseurs (greffés, patients en cours de chimiothérapie, patients porteurs de maladies chroniques auto-immunes).

Si le dispositif 100% Santé a permis de favoriser l’accès aux prothèses dentaires pour de nombreux usagers, la santé parodontale reste, elle, souvent inaccessible en raison de dépassements d’honoraires.

Le désengagement de l’assurance maladie sur les soins dentaires est un mauvais message pour les usagers. 4% des personnes n’ont pas de complémentaire santé, pour certains ils sont au-dessus des seuils sociaux et représentent 2,5 millions de personnes (Personnes malades, chômeurs, personnes en situation de handicap, artisans commerçants, libéraux, agriculteurs, retraités…), pour les autres le recours à la Complémentaire Santé Solidaire est complexe ou méconnu. Ce nombre risque encore d’augmenter en raison de l’annonce de l’augmentation des cotisations des complémentaires santé.

Dans sa contribution, France Assos Santé livre son analyse du contexte et partage des pistes de solutions pour améliorer la prise en charge de la santé bucco-dentaire en France.

L’Association dentaire française (ADF) agit comme fédérateur de la profession des chirurgiens-dentistes. Créée en 1970, elle rassemble aujourd’hui 25 organismes professionnels. Lieu privilégié de rencontre et de concertation, laboratoire d’idées mais aussi force d’action, en particulier dans le domaine de la formation continue, l’ADF contribue largement à l’unité de la profession.

Le Comident est l’unique organisation regroupant, depuis 2005, les fabricants et distributeurs de matériels, matériaux dentaires et nouvelles technologies au service des professionnels du secteur dentaire et des patients.

1 commentaire

  • DERSOT dit :

    Bonjour, je lis avec intérêt votre rédactionnel sur la santé bucco-dentaire et je n’ai pas encore lu votre contribution pour laquelle je laisserai un commentaire si nécessaire. Dans votre rédactionnel, vous parlez de l’inaccessibilité aux soins de parodontologie en raison de dépassement d’honoraires.
    Il n’y a pas de dépassements d’honoraires car il n’y a pas ou quasiment pas d’actes opposables en parodontologie, excepté le détartrage. Or, les études scientifiques nous montrent que le détartrage n’a jamais traité les parodontites. La plupart des actes de parodontie sont NPC (non pris en charge) et il y a, pour le moment, une liberté d’honoraires qui peuvent être très variables. .
    Je vous invite à lire, sur la plate-forme ADF-COMIDENT, ma contribution en tant qu’ancien président de la Société Française de Parodontologie et d’Implantologie Orale (SFPIO). Il s’agit, comme vous le faites, d’un constat amère sur l’absence de projet sur la santé bucco-dentaire des français, le signe très négatif de la baisse de 10% de la prise en charge des soins dentaires et, bien-sur, un plaidoyer pour les soins de parodontie qui ont un cout sociétal et financier non négligeable. Pour rappel, après 40-45 ans, les Français perdent plus leurs dents pour des raisons parodontales que pour la carie ou ses conséquences. Cordialement.

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