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Le bon usage des antibiotiques : tous concernés !

La première semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques s’est déroulée du 16 au 22 novembre dernier. Cette campagne avait pour but de mieux faire connaître le phénomène de résistance aux antibiotiques et d’encourager le grand public, le personnel de santé, les décideurs à adopter les meilleurs pratiques, afin d’éviter que la résistance aux antibiotiques ne progresse.

Les résultats d’une nouvelle enquête menée par l’OMS auprès de 10 000 personnes dans 12 pays montrent que 64% d’entre elles pensent à tort que les antibiotiques peuvent être utilisés pour soigner les rhumes et la grippe. En lançant la Première Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, a rappelé que l’augmentation de la résistance aux antibiotiques représente « un immense danger pour la santé mondiale ».

Antibioresistance campagne OMS

La journée européenne d’information sur les antibiotiques a lieu chaque année le 18 novembre dans de nombreux pays européens

Des initiatives ont été lancées afin de mieux informer le grand public (et les professionnels de santé) sur les risques toujours plus importants liés à l’usage inapproprié des antibiotiques : les données les plus récentes confirment en effet le nombre croissant de patients infectés par des bactéries résistantes.

Le plan d’action en France pour un bon usage des antibiotiques

La France, de son côté, s’est engagée depuis plusieurs années dans un plan d’actions visant à promouvoir le bon usage des antibiotiques. Parmi ces mesures, on peut citer le renforcement des missions du référent en antibiothérapie à l’hôpital et un meilleur encadrement de la prescription pour les antibiotiques dits « critiques », de même qu’un renforcement du rôle des centres de conseils en antibiothérapie en ville.

L’expérimentation de la dispensation à l’unité des antibiotiques par les pharmaciens, l’intégration de recommandations de bonnes pratiques dans les logiciels métiers des médecins qui prescrivent et des antibiogrammes plus ciblés (un antibiogramme est le résultat, obtenu au laboratoire d’analyses biologiques, d’un test destiné à montrer la sensibilité d’un germe microbien -bactérie, parasite, champignon – à divers antibiotiques, en vue de sélectionner l’antibiotique le plus efficace pour lutter contre ce germe) sont également des mesures importantes dont il conviendra d’évaluer l’impact. Enfin, en cas de non-prescription d’antibiotiques, un document d’information sur la juste utilisation des antibiotiques sera désormais remis au patient par le médecin.

De son côté, l’Assurance Maladie met gratuitement des tests de diagnostic rapide (TDR) de l’angine à la disposition des médecins libéraux généralistes, pédiatres et ORL afin d’aider au choix thérapeutique. Samuel Quéau, jeune médecin généraliste remplaçant, qui réalise une thèse sur le dépistage rapide de l’angine, souligne que « l’Assurance Maladie fournit les boîtes qui contiennent 25 tests. Mais peu de médecins en font la demande. L’an dernier, 65% des médecins n’en ont pas demandé une seule boîte ».

Le test permet pourtant de savoir si l’angine est virale (70% des cas) ou bactérienne. Sébastien Seuron, sous-directeur de la CPAM du Finistère, chargé de la gestion du risque, indique, dans Le Télégramme du 7 novembre 2015 : « La démarche de ce jeune médecin nous intéresse. Le test est sous-utilisé et c’est dommage ».

Des résultats encourageants

La consommation d’antibiotiques en médecine de ville a diminué en 2014, après trois années de hausse consécutive. Concernant l’hôpital, la consommation est quasi stable depuis 2006. Au regard de ces résultats, la mobilisation durable et déterminée des prescripteurs, des patients et des pouvoirs publics reste indispensable pour promouvoir le bon usage des antibiotiques.

S’agissant du recours aux antibiotiques dans le domaine vétérinaire, les résultats intermédiaires du plan national Ecoantibio paraissent aller dans le bon sens : d’une part, l’exposition des animaux aux antibiotiques aurait reculé de près de 13 % en 2012 et 2013 et, d’autre part, le taux de résistance des bactéries aux antibiotiques vétérinaires serait globalement en recul. Ces résultats doivent néanmoins être considérés toute proportion  gardée, car les doses des antibiotiques administrés aux animaux restent préoccupantes.

Au niveau mondial, la lutte contre l’antibiorésistance doit s’intensifier dans chaque pays comme le préconisent les organisations sanitaires internationales (Organisation mondiale de la santé, Organisation mondiale de la santé animale – OIE).

La lutte contre l’antibiorésistance prend un nouveau tournant, les initiatives se multiplient, la prise de conscience de ce problème majeur de santé publique est devenue collective et mondiale.

En France, comme ailleurs, c’est contre les représentations qu’il faut lutter, afin de rappeler que les antibiotiques sont des médicaments efficaces, certes, mais exclusivement contre les bactéries…

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