Pour ou contre le passeport vaccinal : le Cese dévoile les résultats de sa consultation

D’après les résultats de la consultation organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) sur le passeport vaccinal, près de 70 % des personnes qui ont exprimé leur avis se déclarent « très défavorables » à l’instauration de cet outil.

« Que pensez-vous du passeport vaccinal ? » : plus de 110 000 personnes ont répondu à cette question posée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), à l’occasion de la consultation en ligne sur le sujet, ouverte le 17 février. « Une participation record », selon les organisateurs qui ont communiqué, mardi dernier, les conclusions de cette consultation.

Au final, 67,1 % des participants se sont déclarés « très défavorables », 5,6 % « défavorables », 2 % « mitigés », 5,1 % « plutôt favorables » et 20,2 % « très favorables ». Des résultats tranchés, qui ne reflètent pas nécessairement l’opinion de la population générale. Comme souvent dans ce type de consultation, qui se fait sur la base du volontariat, les personnes « contre » sont aussi celles qui se mobilisent le plus. Ce qui conduit à lire et considérer ces réponses avec un maximum de précaution, voire de circonspection.

Liberté contre discrimination

Parmi les principaux arguments défendus par les partisans du passeport vaccinal, il faut retenir « la possibilité de rouvrir les lieux fermés, de voyager à nouveau et de retrouver sa liberté ». Et bien sûr, soulignent-ils, le passeport vaccinal ne serait acceptable qu’à la condition que toutes les personnes volontaires soient vaccinées.

Du côté des opposants, « l’atteinte aux libertés privées » est la raison numéro une pour refuser le passeport vaccinal, qui risquerait de créer, en outre, ajoutent-ils, « une discrimination entre les citoyens ». Interrogés sur les propositions alternatives, les « contre » pourraient accepter le passeport vaccinal que « pour les déplacements à l’étranger, mais pas pour la vie quotidienne sur le territoire national ». Et si la possibilité de remplacer le passeport vaccinal par un test PCR négatif, de 72 heures, était accordée aux personnes non vaccinées.

Accord sur la durée

Tous les participants, qu’ils soient pour ou contre, s’accordent toutefois sur la durée du dispositif, s’il devait être instauré. Le passeport vaccinal doit être « court, de quelques mois, pour atteindre le seuil d’immunité collective ». Ce qui sous-entend une nécessaire accélération de la campagne de vaccination.

« Avant de débattre de la mise en place d’un passeport vaccinal, il faut d’abord que toutes les personnes qui le souhaitent soient vaccinées. C’est évidemment la première condition, commente Axel Kahn, le président de La Ligue contre le cancer. Le sujet mérite réflexion, et il convient de rappeler que les livrets vaccinaux existent depuis bien longtemps» Tout comme l’obligation d’être vacciné pour aller à l’école.  

Quoi qu’il en soit, les résultats ont été remis au gouvernement, au Pr Alain Fischer, le président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, et au collectif des 35 citoyens, qui pourra s’en saisir pour nourrir ses travaux, en vue d’améliorer la stratégie vaccinale, selon les termes de sa mission.

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