Bien gérer son alimentation en période de confinement

La période de confinement imposée par la crise sanitaire actuelle bouleverse notre quotidien. Routine alimentaire déréglée, nécessité de préparer les repas des enfants ou encore tentation de combler son ennui par la nourriture : cette période peut s’avérer déstabilisante sur le plan de l’alimentation.

La diététicienne Ariane Grumbach nous éclaire sur quelques idées reçues et nous donne quelques conseils pour vivre au mieux ce confinement.

Pendant le confinement, je peux me contenter de manger quand j’ai faim ?

Il est important d’écouter sa faim. Quand on s’écoute et que l’on n’a pas de « troubles » particuliers par rapport à la nourriture, on a faim 2 à 4 fois par jour et l’on mange naturellement sans excès, des aliments sains. Pour la plupart d’entre nous en ce moment, les contraintes horaires sont moins fortes mais il faut tenter de préserver l’heure du déjeuner et du dîner même si elle diffère des horaires habituels. En temps normal, beaucoup de personnes se forcent à manger copieusement le matin avant d’aller au travail parce qu’elles n’auront pas l’occasion de s’alimenter avant le déjeuner. En situation de confinement, certains se lèvent plus tard que d’ordinaire et retarderont ainsi leur petit déjeuner. On peut alors réduire les quantités le matin pour garder de l’appétit pour le déjeuner. Dans certains cas, plus rares, il se peut que l’on ne ressente tout simplement pas le besoin de prendre un petit-déjeuner, voire de déjeuner ou de dîner très légèrement.

Les enfants se dépensent moins : est-ce que je dois restreindre leurs portions ?

Les enfants ou adolescents se régulent très bien tout seuls. Ils mangent généralement quand ils ont faim. S’ils se dérèglent, c’est souvent parce que leurs parents leur donnent des portions inadaptées, en les obligeant, par exemple, à finir leur assiette. La question particulière du goûter peut se poser pendant le confinement. Il est peut-être nécessaire de le réduire par rapport à d’habitude car il n’est pas rare que certains enfants qui mangent habituellement à la cantine n’y mangent pas toujours à leur faim s’ils n’apprécient pas les menus et dans de tels cas, parfois, ces enfants se jettent sur le goûter. En ce moment, s’ils déjeunent bien, il n’y a pas de raison de leur proposer un goûter trop riche. Dans certains cas, lorsque, par exemple, l’heure du dîner est avancée à cause de la situation actuelle, le goûter n’est même pas forcément obligatoire si le besoin ne s’en fait pas sentir.

Je m’ennuie donc je grignote…

Un des dangers possibles en période de confinement est de combler son ennui en grignotant toute la journée ou encore de faire quotidiennement des pâtisseries avec ses enfants. En temps normal, certaines personnes ont beaucoup de mal à se poser, à être face à ce qu’elle ressente ou éprouve et sont dans un état d’hyperactivité permanent pour ne pas se retrouver face à une impression de vide ou à des sentiments désagréables pour eux. Il est donc important d’organiser et rythmer ses journées avec des activités à faire chez soi, afin de garder la nourriture à sa juste place. Il faut surtout être à l’écoute de son état émotionnel, réfléchir à ce qui peut nous faire du bien comme faire de l’exercice physique, écouter de la musique ou regarder un film réconfortant. D’autres activités peuvent inclure de cuisiner des plats sains et pas uniquement des pâtisseries.

Je ne sais pas cuisiner, est-ce grave si mange uniquement des préparations industrielles ?

Pour les gens qui ne savent pas ou n’aiment pas cuisiner, rien ne les empêche de consommer bien sûr quelques produits industriels, comme des conserves ou des produits surgelés en les agrémentant d’un fruit ou d’une crudité fraîche. Si l’on dispose de plus de temps que d’habitude avec le confinement, cela peut aussi être l’occasion d’apprendre ou de prendre un certain plaisir à cuisiner. Une simple assiette avec quelques tomates, des tranches de mozzarella et un peu de basilic frais, c’est déjà cuisiner et cela permet de manger des produits frais non transformés. Il existe beaucoup de propositions sur internet pour tester des recettes vraiment faciles. Cela peut permettre de réaliser qu’il est beaucoup plus satisfaisant de manger des choses plutôt saines et faites maison que manger des plats tout préparés, souvent trop gras, trop salés et contenant des sucres cachés inutiles.

Je planifie à l’avance mes repas et j’évite ainsi les achats anarchiques ou compulsifs

Pendant ce confinement, planifier ses repas sur plusieurs jours permet d’éviter deux écueils :

  • On évite ainsi de sortir tous les jours et on respecte mieux le confinement
  • Cela initie également une certaine auto-discipline, dès lors que l’on s’en tient aux rations prévues pour tel ou tel jour. En respectant les menus prédéfinis, on évite de se jeter sur la nourriture dès que l’on rentre des courses. Il n’est absolument pas question de se priver, mais si l’on a tendance à ne pas toujours savoir résister à dévorer d’un seul coup un paquet entier de biscuits, cela incite à se raisonner en se disant, que cet achat alimentaire « plaisir » doit tenir la semaine.

 

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