Kit de survie, volume 4 : « avec les sites de rencontres, on ne sait jamais sur qui on tombe et moi je préfère me faire moine que de coucher avec une femme séropositive, même avec 3 capotes ! »

Pour ces fins d’années, nous proposons un kit de survie aux repas de fin d’année, où les conversations pleines d’idées reçues sont souvent légion. On a généralement dans nos familles, un tonton « réac » ou une tata acide, volontiers égoïstes voire, racistes et homophobes dont les sorties durant les dîners de fêtes de fin d’année nous font bondir et sont si déconcertants qu’ils parviennent même à nous clouer le bec. Cette année, on pourra sortir son mégaphone à table pour leur répondre avec aplomb, au moins sur quelques questions de santé, grâce aux arguments avancés par les associations de patients à qui nous avons soumis quelques phrases salées qui pourraient bien s’inviter à nos tables de réveillon. 

 

Contrer l’idée reçue : les arguments de l’association AIDES, première association européenne de lutte contre le Sida et hépatites virales, avec Aurélien Beaucamp, président de AIDES

“Aujourd’hui, il est plus sûr d’avoir des relations sexuelles avec une personne séropositive sous traitement qu’avec une personne qui pense être séronégative mais ne se fait en réalité pas dépister régulièrement et qui, de fait, peut transmettre le virus sans le savoir.

En effet, avec les traitements efficaces actuels, les personnes vivant avec le VIH obtiennent rapidement une charge virale indétectable, ce qui signifie qu’elles ne transmettent plus le virus. Ce qui est désolant, c’est que cela fait déjà 10 ans que cette bonne nouvelle de l'”indétectabilité” est diffusée en termes de prévention mais pour autant, le grand public reste figé sur des représentations anciennes et erronées issues des années 1980-1990 à un moment où il n’y avait pas de traitement et où les personnes infectées mouraient rapidement. Ce n’est plus et c’est loin d’être la réalité aujourd’hui.

Parmi les idées qui ont la vie dure sur le VIH, il reste celle de la discrimination et du jugement tenace liée au fait que la transmission se fasse avant tout par voie sexuelle. Nous vivons dans une société assez hypocrite de ce point de vue, où tout ce qui touche à la sexualité va être considéré comme étant « sale ». Les traitements se sont beaucoup améliorés, les dépistages se sont diversifiés mais finalement la vision que l’on a du VIH reste toujours aussi négative et les personnes vivant avec le VIH toujours autant stigmatisées.

La vérité est que ces personnes sont encore beaucoup trop victimes de discrimination au point que cela porte un nom : la sérophobie ! Chez AIDES, nous réalisons chaque année une enquête qui montre que près de la moitié des personnes porteuses du virus subissent des discriminations au quotidien dans leurs relations affectives et préfèrent cacher leur statut sérologique. Au niveau professionnel, l’enquête révèle qu’une grande majorité des personnes interrogées qui vivent avec le VIH n’en parleront jamais sur leur lieu de travail et préfèreront prendre des congés pour aller à leurs rendez-vous médicaux alors que l’infection par le VIH est inscrite sur la site des affections longue durée (ALD) et que des autorisations d’absence sont prévues pour de tels cas par le Code du travail. Enfin concernant les questions d’assurance et de prêts bancaires, le VIH est toujours considéré comme une maladie mortelle dans les référentiels financiers et assurantiels qui appliquent une surprime sur les assurances emprunteurs.

Pourtant aujourd’hui, un porteur du VIH, sous traitement, avec une charge virale indétectable, qui ne présente donc plus de risque de transmission, est suivi en moyenne deux fois par an par son médecin. Par conséquent, on peut même affirmer qu’il prend beaucoup plus soin de sa santé que la majorité d’entre nous et vivra peut-être plus longtemps que le fameux tonton réac, qui se dit que le VIH ne passera jamais par lui et ne se fait jamais dépisté. En outre, les personnes qui vivent avec le VIH prennent correctement leur traitement avec un des meilleurs taux d’observance parmi les pathologies chroniques. Cela est en partie dû au fait que les traitements se sont considérablement allégés, et qu’il y a désormais peu d’effets secondaires.”

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