Femmes enceintes et jeunes enfants : précaution sur les soins médicaux et les médicaments

Les médicaments que nous pouvons supporter en tant qu’adulte ne sont pas forcément adaptés aux enfants, moins encore aux embryons et fœtus dans le ventre de leur maman, puisque cela pourrait nuire à leur développement.

Récemment encore, le scandale autour de la Dépakine et des médicaments contenant du valproate montre bien que lorsque l’on est enceinte, la vigilance concernant la prise de médicaments est de rigueur. Il est donc recommandé d’éviter d’en prendre et surtout de ne pas pratiquer d’automédication, même avec des médicaments vendus sans ordonnance et qui nous semblent banals.

Cette recommandation est évidemment valable pour les enfants, tout particulièrement pour les enfants en bas-âge.

En matière de soins médicaux, il est également important de prendre des précautions particulières avec les enfants et les femmes enceintes, surtout concernant les soins dentaires pour ne pas les exposer au mercure, parfois utilisé pour les amalgames, et aux éventuels perturbateurs endocriniens que l’on risque de retrouver dans les prothèses, les implants et les produits utilisés pour les poser.

Rappelons que :

  • La barrière du placenta ne suffit pas à préserver le futur bébé d’éventuelles contaminations chimiques ;
  • Les contaminants chimiques peuvent passer à travers le lait maternel.

ÉVITER DE PRENDRE DES MÉDICAMENTS PENDANT LA GROSSESSE

L’affaire de la Dépakine et des médicaments contenant du valproate, qui sont prescrits comme traitements de l’épilepsie et des troubles bipolaires et qui ont provoqué des malformations et des altérations neurologiques chez des milliers d’enfants exposés in utero entre 2007 et 2014, rappelle qu’en matière de traitements médicamenteux, la période de la grossesse est particulièrement à risque.

En effet, bien que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) évalue spécifiquement les risques des médicaments, au cours de la grossesse, lors de leur autorisation de mise sur le marché, on n’effectue pas d’études cliniques préalables à la mise sur le marché sur les femmes enceintes. L’ANSM se base, ainsi qu’il est indiqué sur son site, sur :

  • « Les données observées dans le cadre des études sur la toxicité de la reproduction menées chez l’animal avec la substance active évaluée,
  • Les données cliniques d’observation relatives à des femmes exposées au produit au cours de leur grossesse.»

Ainsi, si nous avons un certain recul sur les médicaments mis sur le marché depuis de nombreuses années, les nouveaux médicaments présentent forcément plus de risques durant une grossesse.

En cas de nécessité, il est donc indispensable de demander l’avis de son médecin ou de son pharmacien avant de prendre un médicament, même si c’est un médicament que l’on prend régulièrement et même s’il est vendu sans ordonnance.

L’ANSM rappelle sur son site (« Médicaments et grossesse ») que selon les périodes de la grossesse, les médicaments peuvent présenter pour l’enfant à naître des risques de malformations, des atteintes de la croissance ou de la maturation des organes, des troubles cognitifs, du comportement, etc.

Deux pictogrammes ont été mis en place depuis 2017 sur les boîtes de médicaments qui présentent un risque durant la grossesse :

pictogrammes sur boîtes de médicaments dans le cas de la grossesse

QUELQUES MÉDICAMENTS À LA LOUPE DURANT LA GROSSESSE

Des médicaments aussi banals que l’ibuprofène ou l’aspirine, qui sont par ailleurs vendus sans ordonnance, sont par exemple contre-indiqués à partir du 6ème mois de grossesse.

« L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle donc que tous les AINS (ex : ibuprofène, kétoprofène, diclofénac…), y compris l’acide acétylsalicylique (aspirine1), sont contre-indiqués à partir du début du 6ème mois de grossesse, quelle que soit la durée du traitement et la voie d’administration (voie orale, injectable, cutanée…). Ces médicaments peuvent en effet être toxiques pour le fœtus, même après une seule prise, avec un risque d’atteintes rénale et cardio-pulmonaire pouvant entraîner une mort fœtale in utero ou néonatale. »

Sont également contre-indiqués durant la grossesse :

  • Les traitements contre l’acné à base d’isotrétinoïne, qui peuvent provoquer des malformations ou des troubles psychiatriques chez l’enfant à naître ;
  • Les traitements contre l’épilepsie à base de valproate et dérivés ;
  • Les traitements pour l’hypertension par inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) ou à un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II) qui peuvent entraîner une toxicité fœtale et néonatale pouvant être fatale ;
  • Certains antidépresseurs ;
  • Divers traitements pour lesquels l’ANSM met en garde dans ce document.

Sur le sujet des compléments alimentaires, qui peuvent être vendus sans ordonnance, l’ANSM rappelle également que : « Au-delà des cas de la vitamine D et de l’iode, qui ont spécifiquement fait l’objet de déclarations de nutrivigilance, l’Agence met en garde contre la multiplication des sources de vitamines et minéraux, en l’absence de besoins établis. En effet, celle-ci peut dans certains cas conduire à des dépassements des limites de sécurité.

L’Agence recommande aux femmes enceintes de ne pas consommer de compléments alimentaires sans l’avis d’un professionnel de santé et de signaler à leur médecin, pharmacien ou sage-femme la prise de tout produit (médicament ou complément alimentaire), qu’il soit délivré sur prescription ou pris en automédication. »

Enfin, il est important d’être également vigilant avec les huiles essentielles qui, si elles sont naturelles, sont parfois irritantes voire toxiques. De nombreuses huiles essentielles, comme la menthe, la cannelle, l’eucalyptus, le thym sont en outre spécifiquement contre-indiquées durant la grossesse.

Renseignez-vous bien avant d’y avoir recours si vous êtes enceinte et également si vous allaitez. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

MÉDICAMENTS ET ENFANTS

Un médicament prescrit à une personne ne conviendra pas forcément à une autre personne et encore moins lorsqu’il s’agit d’un enfant puisque leur organisme, encore en plein développement, ne réagit pas comme celui d’un adulte. Ne donnez jamais à un enfant un médicament pour adulte en réduisant simplement les doses. Dans tous les cas, consultez un médecin ou un pharmacien avant de donner un médicament à votre enfant, même s’il s’agit d’un médicament en vente libre.

Comme pour les femmes enceintes ou allaitantes, il est indispensable de se renseigner sur l’usage des huiles essentielles chez les enfants selon leur âge. Elles sont certes naturelles mais certaines peuvent être irritantes voire toxiques.

Il n’est d’ailleurs souvent pas nécessaire d’avoir recours à trop de médicaments pour les petits maux du quotidien ainsi que le rappelle l’article de Que Choisir « Médicaments pour enfants : trop sont inutiles ou dangereux » ou celui sur le sujet des médicaments pour enfant de l’association Sparadrap. Dans les deux cas, il est indiqué par exemple que pour un rhume, nettoyer le nez de l’enfant avec du sérum physiologique et bien le moucher est souvent bien suffisant et qu’il faut absolument éviter d’utiliser des sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez, qui sont d’ailleurs contre-indiqués en dessous de l’âge de 15 ans.

Il est également très important de garder les médicaments dans un placard, de préférence en hauteur, inaccessible aux enfants et fermé à clé car les petits peuvent confondre les pilules avec des bonbons. Pour cette raison, il faut éviter de leur présenter les sirops ou cachets qui leur sont prescrits comme des friandises pour faciliter la prise de leur traitement.

PRÉCAUTIONS PARTICULIÈRES CHEZ LE DENTISTE

Il est indispensable que votre chirurgien-dentiste soit prévenu d’une éventuelle grossesse car il peut être amené à vous prescrire des médicaments pour soulager des douleurs ou prévenir une infection et certains sont contre-indiqués en cas de grossesse.

En outre, il doit également pouvoir adapter le choix d’un éventuel anesthésique local puisque ce dernier peut traverser la barrière placentaire.

Concernant les soins à proprement parler, sachez que même s’il est de moins en moins en usage aujourd’hui en France, l’amalgame au mercure, qui fait partie des métaux lourds et toxiques, a été interdit par le parlement européen chez les enfants de moins de 15 ans et chez les femmes enceintes ou allaitantes depuis le 1er juillet 2018.

En outre, les soins dentaires exposent souvent les patients aux perturbateurs endocriniens contenus dans les prothèses ou dans les colles qui servent à les maintenir ; or on sait que les bébés à naître dans le ventre de leur maman et les enfants sont particulièrement sensibles à ces perturbateurs du système hormonal, lesquels peuvent altérer leur développement et peuvent provoquer des retards de croissance, des troubles neurologiques et de l’apprentissage, du diabète, etc.

Apprenez à reconnaître les produits chimiques qui vous entourent au quotidien et les réflexes simples à adopter pour vous en protéger vous-mêmes, en particulier si vous êtes enceinte, et vos enfants.

Retrouvez notre série d’articles dans notre article introductif au dossier « Femmes enceintes et enfants en danger face aux produits chimiques du quotidien »

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