Vaccins contre le papillomavirus-cancer col de l'utérus-dépistage

Cancer du col de l’utérus : le dépistage avant tout

La vaccination des jeunes femmes contre le papillomavirus humain (HPV) est recommandée par les autorités sanitaires afin de prévenir la survenue du cancer du col de l’utérus. Le choix de recourir à ce vaccin demeure à la discrétion des intéressées et de leurs parents. Le dépistage reste l’examen de référence afin de détecter précocement l’apparition d’un éventuel cancer, puis de le traiter. Ce qu’il faut savoir avant de se décider.

Faut-il se faire vacciner contre le papillomavirus humain (HPV) pour prévenir la survenue d’un cancer du col de l’utérus ? Oui, répond l’Institut national contre le cancer (Inca), précisant avec insistance que le recours au vaccin doit être associé à un dépistage par frottis tous les trois ans à partir de 25 ans.

« Nous ne souhaitons pas baisser la garde sur ces deux stratégies complémentaires », déclarait en septembre dans les colonnes du quotidien Le Monde Agnès Buzyn, la présidente de l’Inca. “Les cancers du col de l’utérus ne sont pas les plus fréquents (ils touchent environ 3 000 femmes par an en France, provoquant 1 100 décès), mais ce sont les plus évitables et les plus inégalitaires. Ils constituent d’ailleurs les seuls cancers dont le taux de survie à cinq ans est en baisse ces dernières années, car ils sont découverts à un stade plus tardif“.

Deux vaccins sont proposés aux patientes

Le HPV est un virus susceptible de provoquer des lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus lorsqu’il y est installé durablement. Ces lésions, asymptomatiques, peuvent dans de rares cas dégénérer en cancer. « Cette évolution est lente, précise l’Inca, puisqu’un cancer apparaît généralement 10 à 15 ans après l’infection persistante par le virus ». Chaque année en France, près de 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués. On compte 1000 décès par an liés à ce cancer.

Le papillomavirus humain (HPV) est un virus qui se transmet par contact sexuel, quelle que soit sa forme (pénétration, caresse génitale ou contact orogénital). L’infection par ce virus est fréquente puisqu’on estime que plus de 7 femmes sur 10 seront infectées par un HPV au moins une fois dans leur vie. Heureusement, dans la majorité des cas, le virus disparaît spontanément.
Il existe différents types de virus HPV, certains dits à « bas risque», d’autres dits à « haut risque» (oncogène). Par ailleurs, d’autres facteurs qui agissent après l’acquisition de l’infection HPV peuvent augmenter le risque de développer un cancer (par exemple le tabagisme ou encore des facteurs génétiques…). Les HPV responsables des infections du col de l’utérus sont des HPV muqueux spécifiques à « haut-risque » (oncogènes). Parmi ceux-ci les HPV 16 et 18 sont responsables d’environ 70 % des cancers du col de l’utérus dans le monde.
En France, une étude épidémiologique parue en 2009 a montré que 82 % des cancers invasifs du cancer du col de l’utérus étaient associés aux HPV 16 et 18.
Source : www.papillomavirus.fr

Deux vaccins contre le HPV sont commercialisés en France :

  • le Gardasil, de Sanofi Pasteur MSD commercialisé depuis 2006 qui protège contre les formes (souches) 2, 4, 6 et 18 du virus ;
  • et le Cervarix de GSK, commercialisé depuis 2008, qui n’est efficace que contre les papillomavirus de souche 6 et 18.

Aucun de ces deux vaccins n’assure une totale protection. La vaccination ne protège en effet pas d’une infection des virus d’autres souches qui sont responsables du développement de 20 à 30 % des cancers du col de l’utérus. D’où l’importance de ne pas négliger le dépistage par frottis qui permet de détecter la présence des lésions précancéreuses que la vaccination n’a pas permis d’éviter.

La vaccination : efficace, mais en complément

La vaccination contre le papillomavirus n’est pas obligatoire. La décision d’y avoir recours ou non revient donc aux jeunes femmes ainsi qu’à leurs parents. Si les pouvoirs publics recommandent chaudement le vaccin, on ne sait pas précisément aujourd’hui, faute de recul, dans quelle mesure il permet d’améliorer la protection des femmes par rapport au dépistage seul. On sait que l’efficacité du vaccin sur la prévention de l’infection par le papillomavirus humain est d’environ 100 % pour les génotypes [les souches, ndlr] visés, indiquait en 2013, la Haute Autorité de Santé (HAS) dans le référentiel Dépistage et prévention du cancer du col de l’utérus.

Pour l’organisme chargé d’édicter les bonnes pratiques en matière de prise en charge médicale, la “prévention des cancers du col de l’utérus est attendue, mais non démontrée“, et ne pourra l’être qu’à long terme, compte tenu du délai entre l’infection par le virus et la survenue d’un cancer. La HAS pointe par exemple le risque d’un plus faible recours au dépistage par frottis induit par le sentiment de sécurité que la vaccination est de nature à procurer. Et qui pourrait participer d’une augmentation des cas de cancer. Rappelons qu’aujourd’hui, plus d’une femme sur deux ne serait pas ou trop peu souvent dépistée.

Un risque de complications limité mais existant

Face à cette incertitude, se pose également la question de l’innocuité du vaccin. En septembre dernier, une étude publiée conjointement par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), menée sur une cohorte de 2,2 millions de jeunes femmes âgées de 13 à 16 ans concluait que « la vaccination contre les infections à papillomavirus humains par Gardasil ou Cervarix n’entraîne pas d’augmentation du risque global de survenue de maladies auto-immunes ».

Tant mieux… De cette étude, on retient néanmoins que l’augmentation du risque de survenue du syndrome de Guillain-Barré après vaccination apparaît probable. « Ce syndrome est déjà identifié dans l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du produit, indique l’ANSM. Ses conséquences sont limitées compte tenu de la rareté de la maladie ». Certes, mais elles surviennent néanmoins (1 à 2 cas pour 100 000 patientes vaccinées).

Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus, en pratique

Pour qui aurait décidé de recourir à la vaccination, les autorités de santé ont mis en place deux schémas de vaccination :

  • Dans le premier, l’injection du vaccin est préconisée entre 11 et 13 ans pour le Gardasil et entre 11 et 14 ans pour le Cervarix. Une seconde injection doit être réalisée six mois après la première.
  • Pour les jeunes femmes plus âgées, en rattrapage jusqu’à 19 ans révolus, un second schéma vaccinal prévoit une première injection entre 14 et 19 ans (Gardasil) ou entre 15 et 19 ans (Cervarix) puis deux autres injections à quelques mois d’intervalle.

Le vaccin est remboursé à 65 % par l’assurance maladie. Comptez pour le Gardasil, 123,44 € par injection contre 111,52 € pour le Cervarix. Soit un reste à charge de 43,20 € et de 39,00 € respectivement. Ces montants peuvent être remboursés par votre complémentaire santé selon le contrat souscrit. A noter que l’assurance maladie prendra en charge l’intégralité du coût de la vaccination pour les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C).

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