Précarité et fin de vie : de la nécessité d’être plus solidaires !

Le rapport 2014 de l’Observatoire national de la Fin de Vie (ONFV) est entièrement consacré à la fin de vie des personnes en situation de précarité (lien vers le rapport Fin de vie et précarités), qu’elles soient à la rue, en structure d’hébergement social, dans un logement adapté, dans un domicile personnel ou à l’hôpital. Le rapport a été remis officiellement à Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des femmes, le 7 janvier 2015.

Et si nous étions moins solitaires… et plus solidaires ?!

Si nous n’avions qu’une seule chose à retenir de cette étude, ce serait que les populations concernées, de plus en plus nombreuses, sont trop souvent oubliées ou laissées de côté, parfois par manque de solidarité. Il est avéré qu’il existe une « réelle pauvreté et une réelle précarité dans notre pays », souligne le rapport. « La précarité et la précarisation sont de véritables accélérateurs de l’inégalité : inégalité d’accès aux soins, inégalité de prise en charge, inégalité d’accompagnement. La fin de vie des personnes en situation de précarité n’est pas pensée puisqu’aucun lieu n’est réellement prévu pour l’accueillir et que les professionnels pensent qu’il s’agit « de l’affaire des autres ». Les personnes déjà marginalisées ou exclues du fait de leur précarité finissent leur vie où elles peuvent et ou bien où elles se trouvent. »

Coordonner : un autre mot clef pour espérer une fin de vie digne pour les personnes précaires

Sont montrées avec justesse dans le rapport les limites de l’organisation actuelle et le faussé entre les dispositifs sanitaires et les dispositifs sociaux. S’il existe une myriade de structures, organisations et associations destinées à l’accompagnement des personnes en situation de précarité, ces structures sont en général inadaptées à la fin de la vie. Cette diversité nuit d’ailleurs à leur visibilité et à leur compréhension ; elle témoigne probablement de l’absence d’une véritable politique structurée pour les personnes précaires. Pour le dire autrement, l’accueil des plus précaires n’est pas pensé dans les lieux accueillant des personnes en fin de vie, tandis que la fin de vie n’est pas pensée dans les lieux accueillant des personnes en situation de précarité…

Le rapport décrit aussi une réalité que le monde associatif connaît mais qui est peu connue des médias et du grand public : la maladie chronique précarise ! Les reconstitutions des parcours de vie (exemples), et plus particulièrement celui de Stéphanie, élaborées par les auteurs du rapport l’illustrent bien.

Parours-Rapport-2014

Quelles solutions pour demain… ?

L’Observatoire formule 10 préconisations visant à résoudre les difficultés observées, parmi lesquelles : améliorer la coordination entre les différentes structures quel que soit leur champ ; développer les actions de formation interdisciplinaires ; conduire des travaux de recherche sur l’équilibre socio-économique des personnes en fin de vie de moins de 60 ans précarisées par la maladie et s’appuyer sur des indicateurs de précarités.

En savoir plus :

Les illustrations dans cet article proviennet dudit rapport et de la synthèse de l’ONFV

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