Une feuille de route pour accélérer le développement de la e-santé en France (enfin) !

Jeudi 25 avril, Agnès Buzyn a présenté les cinq grandes orientations de sa feuille de route pour accélérer le virage numérique en santé.

Ci-après, un résumé des actions importantes de la feuille de route (1) à connaître pour les acteurs de la démocratie en santé :

  • Création d’une délégation ministérielle du numérique en santé
  • Le conseil du numérique en santé est relancé avec une cellule opérationnelle d’éthique du numérique en santé
  • Élaboration d’un document de politique du numérique en santé
  • Déploiement d’une Application mobile carte Vitale pour les usagers (ap CV)
  • Rendre obligatoire les référentiels de sécurité et interopérabilité (communication entre les systèmes informatiques)
  • Poursuite du déploiement du DMP
  • Développement de la e-prescription
  • Lancement de « l’espace numérique de santé » pour les usagers
  • Déploiement de la télémédecine et du télésoin
  • Création d’un réseau national de structures innovantes (hôpitaux, maison de santé, etc.) dites « 3.0 »
  • Organisation d’un « Tour de France de la e-santé» en région pour débattre de la politique nationale du numérique en santé
  • Organisation sur les territoires d’«Ateliers citoyens du numérique en santé » pour que l’administration ait des retours de la population sur les outils proposés

Bilan de la présentation de la feuille de route d’Agnès Buzyn : un cadre de référence de la e-santé en France est (enfin) posé. Le ministère de la santé a, pour illustrer son propos, fait une métaphore avec la construction d’une maison (cf. schéma ci-après) en s’appuyant sur deux « fondations » nécessaires : un cadre de confiance (éthique, sécurité, interopérabilité) ainsi que des services de base (DMP, messageries sécurisées, etc.).

Source : Dossier d’information « Accélérer le virage numérique », Ministère de la santé, 25 avril 2019

Aux commandes, sont nommés deux pilotes :  Dominique Pon, “responsable stratégique à la transformation numérique de la santé”, et Laura Létourneau, “déléguée opérationnelle à la transformation numérique de la santé”, qui dirigeront la délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), et rendront directement compte à la ministre.

Le cadre théorique est donc posé, reste à voir son déploiement sur le terrain, car c’est souvent là que le bât blesse en matière de e-santé. Tout architecte vous le dira, même si les plans sont bons, la réalisation concrète du bâtiment dépend des ouvriers qui la construisent…

Par ailleurs, notre point de vigilance principal est que le développement de services publics en ligne ne laisse pas de côté certains usagers. Il y a donc une extrême nécessité d’accompagner les citoyens les plus distants du numérique aux usages, comme le soulignait le défenseur des droits dans son rapport Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics (2) . France Assos Santé s’est toujours préoccupée de l’accès des usagers au numérique et plaide pour un accompagnement des usagers au développement de leur autonomie, plutôt que « faire à la place de ».

Autre point d’attention : le développement du numérique dans les secteurs sociaux et médico-sociaux (personnes âgées/personnes handicapées) est promu dans tous les recoins de la feuille de route, mais quels moyens vont être mis sur la table pour rattraper le retard sur le secteur sanitaire ?

France assos Santé sera partie prenante dans le déploiement concret de cette feuille de route mais vigilante quant aux choix qui seront effectués, notamment en matière d’éthique et de protection des données personnelles.

(1) Feuille de route “Accélérer le virage numérique”, Dossier d’information, Conférence ministre santé, 25 avril 2019
(2) Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics, rapport du Défenseur des droits, janvier 2019

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