L’approche partenariale dans la formation des futurs médecins actée

Les patients participeront-ils bientôt à la formation initiale des futurs professionnels de santé ? Cette participation est inscrite dans la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé. Mais l’article 3 qui porte cette obligation à « favoris[er] la participation des patients dans les formations pratiques et théoriques » attendait toujours un cadre d’exercice pour permettre sa mise en œuvre.

Un grand pas vient d’être franchi par le ministère de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui se sont emparé ensemble du sujet. Début 2023, un comité interministériel a été mis en place réunissant les parties prenantes, dont France Assos Santé, des patients-experts et des représentants de l’université Sorbonne Paris Nord, à la pointe sur ces sujets de partenariat soigné/soignant. Au terme d’une année de travaux, un rapport d’une centaine de pages a été publié le 23 janvier dernier qui esquisse en 23 recommandations concrètes les contours d’un cadre d’application nationale de cette approche partenariale et scelle la reconnaissance de l’intérêt d’intégrer les patients dans les cursus médicaux.

France Assos Santé salue la démarche, d’ouverture et de collaboration, et soutient l’ensemble des propositions visant à favoriser le déploiement des patients partenaires.

Trois points de vigilance toutefois :

  • France Assos Santé s’oppose à ce qu’une formation diplômante puisse être requise. Cette mention qui figure dans la proposition n°11, axée sur le recrutement, peut conduire à l’exclusion de certains profils. Or les patients partenaires doivent venir de tous les horizons, dont la grande précarité. « Il ne faut pas créer l’ENA des patients », a plaidé Gérard Raymond, le président de France Assos Santé, lors d’une table ronde. L’intérêt de ces partenariats, c’est précisément de faire bouger les pratiques en vue de les améliorer.
  • Les patients partenaires doivent bénéficier d’un accompagnement et, à ce titre, d’une préparation commune avec le reste de l’équipe pédagogique, au moment de leur prise de fonction. Cet accompagnement sera le garant de leur bonne intégration.
  • France Assos Santé demande enfin à ce que les patients partenaires remplissent une déclaration publique d’intérêts, au même titre que n’importe quel autre intervenant. Cette précaution s’impose face à l’émergence des patients influenceurs, aussi appelés « patients opinion leaders » (POL), directement financés par des industriels du médicament.

Reste désormais à faire entrer cette nouvelle modalité pédagogique dans les textes réglementaires régissant les cursus médicaux. Une chose est sûre : ce travail conjoint a fait la preuve ce son intérêt et de son efficacité, nous invitant à penser qu’il gagnerait à se répéter, comme, par exemple, sur le dossier de l’offre de soins hospitalière.

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