Un marché en pleine expansion

Passage en revue des différents produits proposés aux usagers. Les applis et les objets connectés les plus populaires : quels usages ?

 

C’est sans conteste l’objet connecté le plus utilisé : le pèse-personne du 21ème siècle permet désormais d’enregistrer le poids de l’utilisateur – le moins qu’on puisse lui demander – mais aussi de calculer son indice de masse corporelle (imc) ou encore sa masse grasse. Après chaque pesée, la balance communique ces informations par wifi vers un serveur où sont sauvegardées les valeurs mesurées. Cette étape de synchronisation permet à l’utilisateur de suivre l’évolution de son poids au fil du temps via une appli pour smartphone ou sur ordinateur.

Exemple avec l’application santé Tactio qui compte parmi les plus téléchargées dans le monde (3,6 millions d’utilisateurs). Cette appli permet à l’utilisateur de consulter sur tableau de bord l’ensemble de ses objets connectés (balance et beaucoup d’autres) développés par des acteurs différents : Fitbit, iHealth, Wahoo Fitness ou encore Withings.

Lancée en France en décembre 2013, cet outil évalue par exemple la probabilité d’être victime d’un accident cardiovasculaire ou de développer du diabète à partir de mesures comme le poids, les calories brûlées, le taux de cholestérol ou encore la glycémie.

 

Un champs d’application très étendu

Les données générées par les objets connectés prennent vie sur ces applis sous la forme de graphiques ou d’indicateurs de progression et peuvent ensuite être partagées. Qui n’a pas un contact sur Facebook l’informant régulièrement du nombre de kilomètres parcourus lors de son dernier jogging ? Lorsqu’elles présentent un intérêt plus direct pour la santé de l’utilisateur, elles peuvent aussi être consultées par le médecin. C’est le cas par exemple des mesures de glycémie pour les patients atteints de diabète (lire à ce sujet « Diabète : les patients donnent leur avis »).

 Mesure du poids ou de la distance parcourue (et donc de l’énergie dépensée) mais aussi prise de la tension, relevé d’informations sur la qualité du sommeil… Le champs d’application des objets connectés est vaste. Retenons également ces piluliers intelligents qui préviennent le patient ou son médecin en cas d’oubli de prise et qui permettent de s’assurer de la bonne observance du traitement ou encore de cette cigarette électronique proposant à l’utilisateur de suivre l’évolution du nombre de bouffées qu’il a consommées chaque jour.

 « Quand j’ai décidé d’arrêter de fumer avec la cigarette électronique, je n’avais pas forcément l’intention de me tourner vers un objet connecté », explique Julien de Sablet qui depuis 7 mois utilise une de ces e-cigs. Son objectif à terme : décrocher de toute addiction.

 « J’en suis en moyenne à 200-250 bouffées par jour. Quand je diminue la concentration en nicotine du liquide que j’utilise, la cigarette électronique connectée me permet d’évaluer dans quelle mesure je compense cette diminution en augmentant le nombre de bouffées. Et de me rationner si effectivement c’est le cas ». Aujourd’hui, le vapoteur est passé à un taux moyen de nicotine d’environ 6 mg/ml, trois fois moins élevé que dans les liquides qu’il utilisait au début. Pour un nombre de bouffées toujours identique. Et qu’il compte bien parvenir à diminuer !

 

Un fort potentiel de développement

D’après une étude menée auprès d’un échantillon de 1001 personnes âgées de 18 ans et plus par l’Atelier BNP Paribas, une filiale de la banque éponyme spécialisée dans la veille sur les nouvelles technologies, environ 10 % des Français seraient équipés d’un objet connecté. « Cela représente toute de même plus de 5 millions de personnes », précisent les auteurs de l’étude. Parmi les objets les plus répandus, le pèse-personne connecté est utilisé par 6% des personnes interrogées.

Les tensiomètres, montres et traqueurs sont beaucoup moins courants dans les foyers avec seulement 2% de la population adepte de ce type d’appareil. Conclusion des auteurs : « Malgré l’expansion de terminaux mobiles toujours plus sophistiqués, la connaissance de l’existence même des objets connectés n’est pour l’instant que peu répandue ».

En plus de la question de leur coût, la principale raison tient au fait que les professionnels de santé n’apparaissent pas moteurs dans la diffusion de ces outils de mesure. Et pour cause : seuls 16% des possesseurs d’objets connectés interrogés dans cette étude en ont eu connaissance par leur pharmacie et 9% seulement par le corps médical.

 « Aujourd’hui les objets connectés de mesure ciblent le grand public et passent par les grandes surfaces. C’est une stratégie délibérée mais cela les coupe à contrario de la prescription potentielle du corps médical et de la caution morale associée ». Le marché devrait toutefois doubler dans les trois prochaines années, indique l’étude précisant que 12% des personnes interrogées prétendent vouloir s’équiper de cette nouvelle technologie d’ici 2017. On devrait alors compter – excusez du peu – 11 millions d’adeptes.

 

Le nombre d’applis en croissance exponentielle

Quant aux applis santé, qu’elles soient ou non associées à un objet connecté, on en recensait environ 20 000 en 2010. Leur nombre a bondi à près de 100 000 l’année dernière. Disponibles sur de multiples plateformes telles qu’iTunes, Google play, Windows Marketplace et Blackberry World, elles sont pratiques et peu onéreuses, voire gratuites. Elles s’emportent dans la poche et peuvent être utilisées n’importe où, à condition, pour la plupart d’entre elles, de disposer d’une connexion à Internet.

Les 20 applis de sport, de remise en forme et de santé les plus populaires comptabilisent déjà 231 millions de téléchargements dans le monde entier, selon la Commission européenne. D’ici 2017, 3,4 milliards de personnes dans le monde posséderont un smartphone et la moitié d’entre elles utiliseront des applis de santé mobile.

Suivi de la glycémie, conseils d’automédication, mesure de la tension, accompagnement de la grossesse, sevrage tabagique ou encore outils mobiles permettant d’analyser les données issues des objets connectés… Autant dire que les utilisateurs ont le choix. Reste la question de leur fiabilité.

Comment s’assurer avant de télécharger que l’application est effectivement de qualité ? A cette question, la société Dmd-Santé, fondée en 2012 par deux médecins et un ingénieur en informatique, a décidé d’apporter des réponses. Pour ce faire, la start-up a mis au point un dispositif d’évaluation associant des professionnels de santé, des patients et des internautes volontaires.

 

La fiabilité des outils connectés en question

Au menu de ces évaluateurs : l’intérêt médical que présente l’appli, son ergonomie ou encore son design. « Près de 500 ont été à ce jour évaluées, rapporte Guillaume Marchand, interne en psychiatrie au CHU de Rouen, l’un des fondateurs de Dmd-Santé. Les applications évaluées, mêmes payantes, sont achetées par nos soins sans prise de contact et sans aucune demande de remboursement par l’éditeur. Nous garantissons un avis à la fois neutre et professionnel ».

Sur le site mis au point par la start-up, l’utilisateur est invité à renseigner le mobile dont il dispose (iPhone, Ipad, Android, Windows Mobile) et le nom de l’application. Les évaluations se présentent sous la forme d’une note de 0 à 20, accompagnée de commentaires ainsi que d’un résumé des points forts et des points faibles du produit passé au crible.

 Cet outil d’aide au choix, que Dmd-Santé entend prochainement utiliser pour évaluer les objets connectés, complète les données disponibles sur les plateformes de téléchargement où se trouve une description détaillée de chaque « appli » de même que l’avis des utilisateurs ou encore l’identité de l’éditeur. Une somme d’informations à consulter avec attention et sans modération. N’hésitez pas enfin, notamment si vous êtes atteint d’une pathologie chronique, à solliciter votre médecin qui pourra éventuellement vous aiguiller vers la ou les applications qui lui semblent les plus appropriées à votre situation.

 

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