Témoignages : Le respect des droits du patient

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  • Lefèvre dit :

     Bonjour. J'ai appelé le 15 samedi car j'allais très mal, entre dépression et retour de stress post traumatique (que j'ai depuis longtemps suite à des violences intra familiales et incestes), mais que je ressens de plus belle. D'abord depuis les attentats de janvier 2015 (amie avec une personne juive que j'accompagnais souvent dans un magasin casher) et lectrice de Charlie Hebdo, dont les auteurs m'ont parfois tenu lieu de famille en quelque sorte, la mienne ayant été rongée par l'intégrisme catholique de certaines de nos aînées. Puis les attentats du 13 novembre dernier : j'habite en face, j'avais ouvert la fenêtre et étais en train d'écrire un sketch sur l'intégrisme catholique justement, quand j'ai entendu les coups de feu, ceux qui ont visé la terrasse de la Belle Equipe, qui était "notre" lieu de rencontre avec mes camarades de théâtre (Ecole Juliette Moltes, située à deux pas). Le lendemain j'entendais certaines personnes du foyer où je vis se répandre en regrets sur ce lieu où elles allaient "tous les jours" – étonnamment je ne les y ai jamais, vraiment jamais vues. Pourquoi ne suis-je pas allé consulter à ce moment-là ? Pour ça justement. L'idée d'aller me mêler à cette faune d'imposteurs m’écœurait. Alors mon chagrin je me le suis gardé. Jusqu'à ce que la douleur, le "stress" ne me rattrapent. J'ai appelé le 15 samedi car j'avais des idées suicidaires persistantes. On m'a envoyer au CAP Bastille. J'avais dit ne pas vouloir de médicament, ce que je voulais c'était parler. Juste parler. On m'a répondu Xanax, Imovane (après des semaines, voire des mois de nuits blanches à répétition, au point de ne plus oser aller me coucher, après tout pourquoi pas..) Mais après on m'a donné de l'Atarax, ce qui n'était pas prévu. Puis on m'a expliqué que ce n'était pas un lieu où l'on pouvait parler, pas fait pour ça. Dimanche une infirmière psy a fait l'effort (c'en était un manifestement) de me proposer un entretien en bureau. Je voulais parler des attentats, elle m'a fait retracer mon parcours médical, puis a conclu par un "bon, on va s'arrêter là". Et ce que j'avais besoin d'exprimer ? Je me le suis gardé… Depuis samedi j'ai osé expliquer que la porte (celle du porche en bas) claquait si fort et si souvent qu'elle me rappelait le bruit de la fusillade. Quelle importance n'est-ce pas..? Je n'avais qu'à prendre mes cachetons et le problème eût été résolu… J'ai appelé le 15 à nouveau pour changer d'endroit, on m'a répondu "les gens qui souffrent de stress post traumatique n'ont pas d'idées suicidaires", sur un ton qui sous-entendait "encore une emmerdeuse". Lundi j'ai fini par prendre la seule décision qui s'imposait : partir. Chez moi j'ai vidé trois boîtes d'Alprazolam après avoir écrit une lettre, manque de chance je me suis réveillée aujourd'hui. J'ai trouvé un message vocal de leur part, me disant que j'avais laissé des effets personnels…… On parle de soins, le terme de boucherie me semble plus approprié. Ces gens ont besoin d'un topo sur le respect des droits du patient, mais aussi sur le respect tout court. Ce n'est que mon avis, certes, et comme je suis malade quel poids lui donner…? Peut-être me répondrez-vous ? Respectueusement. Christine

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