Elections municipales 2026

La santé : une priorité pour les habitants, un levier d’action pour les maires

Les communes jouent un rôle clé sur les déterminants de santé : cadre de vie, écoles, environnement, alimentation, mobilité, information des habitants, accès aux soins. Autant de domaines qui relèvent de la compétence des maires, dont la proximité, notamment dans les petites et moyennes villes, avec les populations leur confère une capacité d’action unique.

France Assos Santé saisit l’occasion des prochaines élections municipales pour proposer un ensemble de pistes, à même d’inspirer l’action des futurs maires, en faveur d’une meilleure adéquation avec les aspirations de leurs concitoyens en matière de santé.

Améliorer l’accès aux soins

Depuis plusieurs années, l’accès aux soins se dégrade en France. Les écarts entre les territoires se creusent, tant en termes d’accès géographique que financier.

Retrouvez les propositions d’actions de France Assos Santé.

Promouvoir la prévention et des environnements favorables à la santé

Les futurs maires ont entre leurs mains un levier essentiel pour améliorer durablement la santé de la population : la prévention. Afin qu’elle devienne une réalité quotidienne, France Assos Santé recommande la mise en oeuvre de plusieurs mesures.

Améliorer l'accès aux soins

Nos propositions

Des diagnostics territoriaux de santé peuvent être réalisés ou cofinancés dans le cadre d’un contrat local de santé. Ils peuvent s’appuyer sur les données de l’Agence régionale de santé (ARS), de l’Observatoire régional de santé (ORS) et de l’Insee. Leur intérêt ? Mettre en évidence les manques à tous les niveaux du parcours de soins et identifier les solutions adaptées à apporter. Sur la base des remontées de terrain, de nombreuses actions locales peuvent être menées par les communes pour améliorer l’accès aux soins.

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La répartition des étudiants en médecine sur le territoire constitue un levier précieux pour ce qui est de lutter contre les déserts médicaux. Selon une étude de l’Insee, publiée en 2024, en 2019, la moitié des médecins généralistes formés durant les années 2000 exercent à moins de 43 km de leur université d’internat. Pour attirer les étudiants stagiaires, il convient de former des médecins MSU (« Maîtres de stage universitaires ») et de garantir, si possible, des conditions d’accueil favorables aux internes (logement, mobilité).

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Aujourd’hui, les médecins qui s’installent souhaitent majoritairement travailler en équipe pluridisciplinaire. Les centres de santé et maisons de santé pluriprofessionnelles sont des lieux d’exercice collectif de proximité qui répondent le mieux à cette attente. En favorisant l’exercice coordonné entre les différents professionnels de santé qui y travaillent, ces structures facilitent le partage du dossier médical, le suivi et la fluidité du parcours du patient. Les communes ou intercommunalités, à condition qu’elles en aient les moyens, peuvent contribuer à la mise en place de l’une ou l’autre de ces structures. Outre la garantie d’un meilleur suivi pour la patientèle, ces structures peuvent attirer des médecins sur le territoire de manière plus pérenne que des aides à l’installation individuelle – lesquelles pèsent lourd sur le budget des collectivités pour des résultats mitigés, selon un récent rapport de la Cour des comptes.

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Moins de 40% des médecins libéraux participent à la permanence des soins ambulatoires (PDSA), ce qui se traduit par une surcharge de travail pour les médecins impliqués et, pour les patients, par des difficultés à accéder à des soins non programmés, et une insuffisance de permanences des soins ambulatoires en dehors des heures ouvrables des cabinets médicaux. D’où une saturation régulière des urgences, des inégalités d’accès aux soins selon son lieu de résidence et de potentiels risques de perte de chance pour cause de diagnostic tardif. Au-delà du nécessaire rétablissement, au niveau national, de l’obligation de participer à la permanence des soins, les communes peuvent agir. Comment ? En inscrivant la permanence des soins dans le projet local de santé et en structurant l’offre ambulatoire de garde sur leur territoire en partenariat avec les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Parmi les solutions qui peuvent s’envisager, citons-en trois : créer des structures telles que des maisons médicales de garde, des centres de santé avec permanences ou encore des centres de soins non programmés, mettre des locaux aménagés à la disposition d’équipes médicales en charge d’assurer des gardes, et favoriser la coordination locale entre acteurs de santé.

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Handicap, précarité, illectronisme, etc., autant de barrières qui éloignent les personnes de la santé, avec ce que cela implique en termes de rupture du parcours de soins, de report ou de renoncement à consulter. Pour prendre en compte ces publics fragiles, dont l’état de santé est souvent dégradé, il est important d’intégrer les notions de handicap, de vieillissement et de précarité dans le contrat local de santé.

Selon les besoins, les communes ont la possibilité de prendre des mesures ciblées : améliorer l’accessibilité des lieux de soins et utiliser des communications adaptées (documents réalisés en Facile A Lire et à Comprendre, médiation en santé, etc.), organiser des permanences de soins gratuites, mettre en place des dispositifs mobiles de santé pour les publics les plus éloignés du système de santé (avec des associations partenaires) ou encore se rapprocher des Réseaux Santé Précarité.

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La télémédecine s’est développée de manière exponentielle depuis la pandémie du Covid, mais elle bénéficie surtout aux publics déjà avertis et favorisés alors que les publics vivant dans des déserts médicaux, en situation de précarité ou éloignés du numérique, restent souvent exclus. Les initiatives prises pour leur permettre d’accéder à un médecin passent trop souvent par l’installation de cabines de téléconsultation isolées, coûteuses et peu fréquentées. Ces dispositifs, déployés sans concertation avec les acteurs de santé locaux, ne garantissent ni un suivi médical continu, ni une orientation adaptée dans le parcours de soins. Pour remédier à ces insuffisances, la télémédecine doit être ancrée dans une logique territoriale coordonnée.

Les maires peuvent y contribuer de maintes façons, en soutenant les projets coconstruits avec les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les maisons de santé ou les hôpitaux de proximité, et en favorisant la téléconsultation assistée, dans des lieux équipés et avec un accompagnement humain. Ils peuvent aussi conditionner tout projet de télémédecine sur leur territoire à des critères d’intérêt général : accessibilité, continuité et coordination des soins, formation des professionnels, respect du libre choix des patients et inclusion numérique.

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La dématérialisation croissante des démarches liées à la santé transforme profondément l’accès aux droits et aux soins. En France, quelque 16 millions de personnes sont éloignées du numérique7. Personnes âgées, mais jeunes aussi, malades chroniques, personnes en situation de handicap ou de précarité, habitants de territoires ruraux mal connectés, personnes maîtrisant peu la langue française, etc., autant de populations qui peuvent être confrontées à de graves conséquences : renoncer à des soins faute de pouvoir prendre un rendez-vous en ligne, perdre leurs droits ou subir des retards de remboursement faute de pouvoir effectuer une démarche de renouvellement dématérialisée. Il y a également celles et ceux qui, ne pouvant activer leur compte Mon espace santé, passent à côté d’outils de coordination des soins et de prévention.

Pour garantir l’accès de tous aux services numériques de santé, les maires disposent de plusieurs leviers : maintenir une offre d’accueil physique et téléphonique pour éviter que la dématérialisation ne remplace totalement les guichets de proximité – mairies, centres communaux d’action sociale ou maisons de santé peuvent ainsi continuer d’accompagner les habitants dans leurs démarches –, ou soutenir des actions de médiation numérique, dédiées aux démarches de santé – ateliers pour apprendre à naviguer sur les plateformes de santé en ligne, permanences individuelles, etc. Les médiateurs numériques, les bénévoles d’associations ou les professionnels de santé eux-mêmes peuvent également être mobilisés et formés à ces enjeux.

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Il est souvent difficile pour les non-initiés de s’orienter dans un système de santé complexe, avec de nombreux acteurs et dispositifs. Ce manque de lisibilité complique les démarches, crée des inégalités d’accès et fragilise la confiance dans le système. Grâce à leur proximité avec leurs habitants, les communes peuvent faciliter la compréhension de l’offre de soins et encourager chacun à devenir acteur de sa santé. Elles peuvent relayer l’information via un point d’accueil ou un numéro santé, une rubrique dédiée sur leur site internet, éditer un guide local de la santé, organiser des débats ou conférences, proposer des ateliers d’éducation à la santé et déployer des actions de communication adaptées à tous les publics.

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Les personnes en fin de vie doivent être accompagnées et soutenues. A cet égard, les municipalités ont un rôle à jouer pour favoriser et développer l’acculturation générale de la société aux questions de fin de vie, impliquant acteurs locaux et citoyens, afin de redonner à cette étape de la vie sa place dans la communauté. De nombreuses actions sont envisageables pour les communes : campagnes d’information, réunions d’échanges avec des associations de patients et des professionnels de santé, formation des agents municipaux (CCAS, portage de repas, aides à domicile, services funéraires municipaux) à la question de la fin de vie et du deuil.

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Promouvoir la prévention et des environnements favorables à la santé

Nos propositions

Les lieux publics fréquentés par les jeunes, comme les abords des établissements scolaires, des centres sportifs, des centres aérés, des médiathèques, etc., sont devenus un espace d’exposition massif de la jeunesse au marketing des alcooliers. Or, expertises scientifiques à l’appui, il est avéré que le marketing de l’alcool a une influence directe sur la consommation des jeunes : plus l’exposition publicitaire est importante, plus les jeunes vont entrer tôt dans la consommation et plus celle-ci sera élevée et débouchera sur des comportements à risque, du type binge drinking (ou beuverie express). Agir pour éviter ou, à tout le moins, retarder le plus possible l’âge d’entrée dans la consommation de l’alcool passe par un encadrement plus strict de la publicité pour l’alcool. Les communes, à l’initiative du maire, ont un puissant levier d’action : mettre en place un règlement local de publicité (RLP) restrictif et instaurer des périmètres d’interdiction de toute publicité pour l’alcool autour des lieux fréquentés par des enfants et des lieux de soins. Le RLP peut tout à fait être plus restrictif que la réglementation nationale. Rappelons que 80% de la population se déclare favorable à cette mesure.

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Le Défi de janvier est un moment de mobilisation collective de prévention pour sa santé, qui concerne le 2e facteur de mortalité évitable (41 000 morts par an) après le tabac, et une des toutes premières causes d’hospitalisation. Cette opération consiste, pour celles et ceux qui le souhaitent, à faire une pause en janvier dans sa consommation d’alcool. Objectif, éprouver les bénéfices immédiats qu’on en retire pour son bien-être, mais aussi prendre conscience de la place de l’alcool dans notre vie sociale, professionnelle, amicale, amoureuse. Les communes peuvent devenir partenaire officiel du Défi de janvier et organiser des actions tout au long du mois de janvier : campagne de communication grand public (par affichage et sur les réseaux sociaux), actions d’aller vers, organisation de concours de cocktails sans alcool (mocktails), guide des caves et restaurants proposant une offre « sans alcool », etc., les options sont multiples et les associations impliquées dans l’organisation de la campagne sont mobilisées pour accompagner les élus dans leur réalisation.

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Malgré une interdiction de vente aux mineurs, l’alcool leur reste largement accessible. S’appuyant sur plusieurs opérations d’achats-tests, l’association Addictions France a dénoncé cette situation: en moyenne, 86% des supermarchés et épiceries vendent de l’alcool aux mineurs (2025) et 97% des bars, cafés et restaurants rapides (2023). Même si l’on observe une baisse des ventes dans les établissements faisant l’objet de poursuites judiciaires et/ou administratives, 75% d’entre eux récidivent. L’obligation légale de vérifier la majorité du client est donc largement ignorée. L’article L.3342-1 précise pourtant que la personne qui délivre la boisson doit exiger du client qu’il établisse la preuve de sa majorité, ce qui implique un contrôle systématique, et non une vérification conditionnée au seul doute sur l’apparence du client, pratique pourtant encore très répandue.

Face à cette urgence, les maires disposent de leviers pour agir : informer et former les professionnels grâce à la diffusion de supports rappelant les obligations et les sanctions, et à l’organisation d’ateliers sur la réglementation et les risques ; renforcer les contrôles réalisés par la police municipale et solliciter des opérations conjointes régulières et inopinées avec les forces de sécurité de l’Etat ; accroître la vigilance lors des événements festifs ; développer des partenariats avec des associations de prévention, comme Addictions France afin de mener, en lien avec les services de l’État, des opérations d’achats tests et de signaler les établissements en infraction ; saisir enfin le préfet pour demander l’usage de ses pouvoirs de police administrative, notamment la fermeture temporaire d’un établissement ou de son rayon alcool, ou encore le retrait de licence en cas d’infraction à l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs. Selon notre enquête sur les attentes des Français vis-à-vis de leur maire, 85% se déclarent favorables à des mesures de sanction à l’encontre des établissements qui vendent de l’alcool aux mineurs.

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La publicité pour l’alimentation équivalait à 5,5 milliards d’euros d’investissements en 2021 – soit 1 000 fois plus que le budget consacré aux messages de santé publique. Or, la part réservée aux produits Nutri-Score D et E, les plus mal notés, représentait 53,3% des publicités vues par les enfants, 52,5% par les adolescents et 50,8% par les adultes. Les enfants exposés à ces publicités consomment 56% de plus d’aliments peu sains, contribuant à l’augmentation des maladies comme le diabète et l’obésité.

Sur ce sujet, comme sur celui de l’alcool, les communes ont la possibilité de mettre en place un règlement local de publicité (RLP) instaurant des périmètres de restriction pour toute publicité en faveur des produits alimentaires dont le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande de limiter la consommation15, en particulier autour des établissements scolaires, centres sportifs, aires de jeux, centres de loisirs, etc. Cette mesure est plébiscitée par 80% de la population.

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Les grandes chaînes de restauration rapide sont présentes dans quasiment tous les territoires. En 2025, l’enseigne américaine McDonald’s a annoncé l’ouverture de 50 nouveaux restaurants, en particulier dans les petites villes françaises, en plus des 300 déjà implantés ces dix dernières années. En parallèle, on note une hausse constante des maladies liées à notre mauvaise alimentation, telles que le diabète et l’obésité, dont l’incidence a été multipliée par 4 chez les jeunes depuis 1997, et au sein de toutes les catégories socioprofessionnelles. La localisation de ces lieux à proximité des écoles pose des questions en termes de santé publique d’autant que les enseignes font souvent une intense publicité à proximité, à laquelle il est difficile de résister.

Les communes peuvent agir, en mobilisant le droit de préemption dans les zones autour d’établissements scolaires, en établissant un périmètre de sauvegarde du commerce d’artisanat de proximité, permettant dans un second temps d’user de leur droit de préemption commercial. Conscients de ces enjeux, 81% des Français se déclarent favorables à cette mesure.

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La loi Egalim vise 50 % de produits durables en restauration collective, mais peu de collectivités atteignent cet objectif : actuellement, seulement 6,6 % des produits sont bio, alors que la loi fixe un objectif de 20 %. Les municipalités peuvent orienter davantage la commande publique vers des produits locaux durables et de qualité, et viser la suppression des additifs, dont de nombreuses études tendent à montrer le caractère néfaste pour la santé, ou encore le remplacement des contenants en plastique ou en carton kraft laminé (pelliculage plastique en polyéthylène).

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Du début de la grossesse à la petite enfance (âge de 2 ans), il conviendrait de renforcer la prévention pour protéger les enfants des expositions aux substances chimiques, aux perturbateurs endocriniens, au plomb, etc. Plusieurs types d’actions peuvent être menés : adapter les pratiques dans les crèches, cantines, lieux d’accueil de la petite enfance (changer produits d’entretien, ustensiles de cuisine, jouets, matériaux) et sensibiliser les femmes enceintes sur les bons gestes à adopter en ce qui concerne l’alimentation et le logement (meubles, aération, parfum d’ambiance, etc.).

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L’état de santé des individus dépend à près de 80% des déterminants sociaux, économiques et environnementaux – et des modes de vie qui en découlent –, et dans une moindre mesure du système de soins (15%) et du patrimoine génétique (5%). La santé globale des citoyens peut donc être améliorée par la planification urbaine et territoriale. Ces aspects sont très peu exploités, pourtant, ils agissent pour 25 % sur la santé des citoyens.

Les comportements individuels protecteurs de la santé des habitants d’une ville sont induits par un urbanisme qui fait la part belle à des équipements et des transports adaptés et sécurisés, des écoles et des quartiers favorables au bien-être des populations. France Assos Santé recommande ainsi un certain nombre d’actions que les élus peuvent mener dans le cadre de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme :

  • Garantir la qualité et la sécurité de l’eau distribuée

  • Créer des aires d’activité physique gratuites dans tous les quartiers et dans les villages

  • Promouvoir les mobilités douces

  • Lutter contre la pollution de l’air avec des zones à faibles émissions

  • Végétaliser la ville

  • Lutter contre les nuisances sonores

  • Développer des espaces sans tabac

  • Transformer les écoles en écoles promotrices de santé « aller bien pour bien apprendre »

La santé, priorité n°1 des Français

Selon une récente enquête France Assos Santé réalisée par l’institut CSA, la santé constitue l’attente n°1 des Français vis-à-vis de leur prochain maire.

Retrouvez l'intégralité de nos propositions pour les municipales dans notre manifeste !

Retrouvez nos fiches action détaillées par proposition !

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