Pilule ou stérilet ? A tout âge, vous avez le choix !

En France, jusqu’à la fin des années 1990, la pilule a connu un succès grandissant depuis son autorisation en 1967. Signe fort de l’émancipation féminine à la fin des années 1960, la pilule avait séduit plus de 50% des femmes désirant contrôler leur grossesse. Le reste du marché se partageait alors entre le stérilet, les spermicides, les préservatifs et les méthodes naturelles. Un chiffre qui n’a pas son pareil dans le reste du monde, où le stérilet fait davantage l’unanimité. Cependant, depuis une dizaine d’années, la balance tricolore entre stérilet et pilule a tendance à faire la bascule. Pour l’instant la pilule reste sur la première marche du podium… Mais est-ce justifié ?

Comment agissent les différentes pilules contraceptives ?

Les pilules sont des contraceptifs oraux, qui contiennent des hormones, naturellement présentes chez la femme mais dont le dosage particulier va bloquer l’ovulation, ou modifier la glaire cervicale pour empêcher le passage des spermatozoïdes.
Il existe en fait deux sortes de famille de pilules,
• celles contenant uniquement un progestatif en très faible quantité, dont la plupart ont pour effet de bloquer le passage des spermatozoïdes,
• celles qui combinent œstrogènes et progestatifs, que l’on appelle « contraceptif oral combiné » ou COC, mais également pilules « combinées » ou pilules « estroprogestatives ». Elles agissent principalement sur le cycle menstruel en bloquant l’ovulation. Ce sont ces pilules combinées qui sont classifiées en 4 générations.

Pilule et générations… Un retour en arrière ?

Au fur et à mesure des années, on a cherché à minimiser les effets secondaires ressentis par les femmes qui prennent la pilule (nausées, migraines, acné, prise de poids …). Les COC ont donc évolué jusqu’à 4 générations de pilules, dont la différence dépend du progestatif qui entre dans leur composition (source ANSM) :
• 1ère génération : norethistérone
• 2ème génération : lévonorgestrel ou du norgestrel
• 3ème génération : désogestrel, du gestodène ou du norgestimate
• 4ème génération : drospirénone, chlormadinone, diénogest, nomégestrol

Malheureusement, l’engouement pour les pilules de 3ème et 4ème générations a été de courte durée car elles entraînent un risque plus important de thromboses veineuses. En effet ce risque double entre la pilule de 2ème génération et les suivantes mais il faut cependant noter que le risque de thrombose veineuse augmente encore plus lorsqu’une femme est enceinte. Le rapport bénéfice/risque, en cas de grossesse non désirée, reste donc en faveur des pilules des deux dernières générations…
Pourtant, en décembre 2012, une femme utilisatrice d’une pilule de 3ème génération porte plainte contre le laboratoire pharmaceutique qui la fabrique, à la suite d’un accident vasculaire cérébral qui la laisse très handicapée. S’ensuit un débat national qui conduit finalement au déremboursement des pilules des deux dernières générations. Dès lors, les femmes commencent à remettre en cause les pilules les plus récentes, préférant revenir aux pilules de 2ème génération ou s’intéressant de plus en plus au stérilet.

« La Crise de la Pilule »

Les chiffres de l’enquête sur « La Crise de la pilule en France », publiée par l’INED, Institut National d’Études Démographiques, sont éloquents (à lire ici). Entre 2010 et 2013, l’utilisation de la pilule contraceptive en France est passée de 50% à 41% chez les femmes utilisant un moyen de contraception. Il est important de signaler que le nombre de femmes sous contraception n’a pas baissé, ce sont les méthodes utilisées qui changent, et notamment le recours plus fréquent au stérilet.

Comparaison sur l’efficacité entre pilule et stérilet

Certes dans les conditions de prise optimale, sans oublier de prendre sa pilule notamment, les contraceptifs oraux sont légèrement plus efficaces : 99% d’efficacité pour le stérilet, contre 99,7% pour la pilule. Mais la réalité rattrape évidemment la théorie… Les erreurs d’utilisation, comme l’oubli que nous évoquions, font baisser la performance de la pilule qui n’est en réalité efficace qu’à 91% ! Dans cet article paru dans CNN (à lire ici), on apprend d’ailleurs que l’Académie américaine de Pédiatrie (American Academy of Pediatrics) conseille aux médecins de proposer aux adolescentes des implants contraceptifs ou le stérilet plutôt que la pilule orale.

 L’utilisation en France du stérilet ou DIU (dispositif intra-utérin)

Si l’on reprend les chiffres de l’enquête sur la « Crise de la pilule en France », citée plus haut, on voit que 22,6% des femmes utilisent un stérilet et 41% prennent la pilule. Un chiffre étonnant si on le compare au reste du monde, où le stérilet arrive en deuxième position (après la stérilisation) et la pilule seulement en 3ème position. En Chine par exemple, 43% des femmes utilisent un stérilet, 2% seulement s’en remettent à la pilule (voir ici les chiffres sur les moyens de contraception utilisés dans le monde, édité par les Nations Unies).

Pourquoi le stérilet a-t-il été boudé dans l’hexagone ?

Pendant des années, on a accusé le stérilet de causer des infections, d’être à l’origine de grossesses extra-utérines et de provoquer la stérilité. Enfin en 2004, le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS), anciennement AENES, défend l’utilisation du stérilet et confirme qu’aucun risque de stérilité n’est démontré (voir ici le rapport actualisé de la HAS, qui reprend des extraits du rapport de 2004).

Stérilet pour les femmes n’ayant pas encore eu d’enfant

Reste que les préjugés ont la vie dure, et que les médecins continuent de se méfier du stérilet. La crainte infondée des infections pouvant conduire à une stérilité a détourné les gynécologues de la prescription d’un DIU pour les femmes n’ayant pas encore eu d’enfant (nullipares). Il existe pourtant plusieurs tailles de stérilets, justement adaptés à l’utérus plus petit, des jeunes femmes nullipares. Pour autant, il n’est pas toujours évident de trouver un médecin qui accepte de poser un stérilet à une nullipare, la preuve avec ce petit billet plein d’humour trouvé sur le site madmoizelle.com (à lire ici). Notez que les sages-femmes, qui sont également habilitées à prescrire et poser un DIU, sont plus ouvertes sur le sujet. Les centres de planning familial proches de chez vous peuvent également vous aider à trouver un praticien qui acceptera de le poser.

Mais au fait, le stérilet, ça fonctionne comment ?

C’est un petit dispositif médical de 3 ou 4 cm, généralement en forme de T, qui est introduit dans l’utérus par un médecin généraliste, un(e) gynécologue ou une sage-femme. La pose en elle-même prend 2 minutes à peine. Une fois posé, l’appareil reste en place entre 3 et 8 ans, selon les modèles et les marques.
Il existe deux types de stérilets :
• les DIU au cuivre, qui agit comme un spermicide et détruit les spermatozoïdes avant qu’ils n’aient atteint l’ovocyte pour le féconder,
• les DIU hormonaux, qui contiennent une hormone progestative diffusée en faible quantité pendant 5 années. L’hormone agit en entraînant un épaississement des sécrétions à l’entrée de l’utérus qui devient infranchissable pour les spermatozoïdes. Le DIU hormonal peut également permettre de réduire les troubles gênants liés aux règles comme des pertes trop abondantes et/ou des fortes douleurs abdominales.

Le retrait du stérilet peut se faire à tout moment, toujours par un médecin ou une sage-femme, qui ôtera le dispositif en tirant sur un petit fil prévu à cet effet !

 Et le prix dans tout ça ?

Les pilules contraceptives coûtent entre 2€ et 15€ par mois environ, selon la marque. Attention, elles ne sont pas toutes remboursées par l’Assurance maladie (notamment les pilules de 3ème et 4ème générations). Lorsqu’elles le sont, la prise en charge est de 65%.
Pour un DIU au cuivre, il faut compter 30€ environ, pour une moyenne de 5 ans de contraception, alors que pour un DIU hormonal il faut compter 125€ pour la même durée de vie. Dans les deux cas, l’Assurance Maladie le prend en charge à 65%. Il faut ajouter la consultation pour la pose, celles pour le suivi et le retrait, qui seront remboursées selon les conditions habituelles de prise en charge.

Pour en savoir plus :

1 commentaire

  • PiluleRose dit :

    De nombreuses femmes racontent sur Twitter leurs pires expériences face à des gynécologues ou autres professionnels de santé. En 24h, plus de 6400 tweets ont été rédigés avec le hashtag #PayeTonUtérus. Quelques témoignages de patientes, en espérant qu’ils sont l’exception plutôt que la norme : « #PayeTonUtérus quand le gynéco te balance “On fera plus de bêtises maintenant, n’est-ce pas ?” à l’examen post-avortement », « #PayeTonUtérus Le médecin me prescrit ma 1ère pilule en espérant que ce soit celle qui fait pousser les seins 😉 », « #PayeTonUterus quand une gynéco te fait pleurer de douleur pendant l’examen et te sors “vs verrez, qd vs accoucherez ce sera pire hein” ».

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