Plateforme des données de santé : enfin la perspective d’un hébergement souverain !

Les annonces gouvernementales faites le 6 février dernier par la ministre chargée de la Santé sur l’évolution de la Plateforme des données de santé marquent un tournant attendu. En actant une migration directe vers un hébergement pleinement souverain et qualifié SecNumCloud, conformément à la loi SREN 2 adoptée en 2024, l’État lève enfin un des freins majeurs qui entravaient depuis trop longtemps le déploiement de la Plateforme, dite aussi « Health Data Hub ». 

Depuis sa création, la Plateforme des données de santé porte une ambition claire : permettre un accès sécurisé aux données afin de faire progresser la recherche, l’innovation et le pilotage des politiques publiques. Autrement dit, faire en sorte que les données qui ont été utilisées pour nous soigner hier puissent contribuer à mieux tous nous soigner demain. Mais le choix en 2019 du recours à des solutions d’hébergement soumises à des législations extra-européennes (Microsoft Azure) avait fragilisé la confiance et freiné son développement. Dans un contexte géopolitique de plus en plus instable, il fallait accélérer et sortir de l’ornière tant pour les acteurs de la recherche que pour les usagers de la santé et citoyens, attachés à la protection de leurs données les plus sensibles. 

Le choix annoncé de renoncer à une solution « intercalaire » temporaire au profit d’une trajectoire claire vers un hébergement souverain pleinement opérationnel constitue donc une avancée positive. Cette clarification pragmatique renforce la crédibilité de la Plateforme et reconnaît la maturité des acteurs du Cloud souverain. La bascule de la base principale du Système national des données de santé est désormais annoncée d’ici à la fin 2026 par la ministre chargée de la Santé. 

Pour les usagers, l’enjeu n’a jamais été l’usage des données en tant que tel. France Assos Santé soutient depuis plus de vingt ans leur réutilisation sécurisée et non identifiante au service de la recherche et de la santé publique. Mais cette ambition ne peut se déployer sans garanties fortes en matière de confiance, de sécurité et de gouvernance éthique, alors que le cadre européen du partage des données de santé s’apprête à franchir une nouvelle étape. 

Lever cette barrière était indispensable. La souveraineté de l’hébergement constitue désormais le socle sur lequel la Plateforme peut se consolider. Il reste à bâtir la suite : une gouvernance transparente, des droits clairs pour les citoyens et une place pleinement reconnue pour les représentants des usagers. C’est à ces conditions que le partage des données de santé pourra tenir toutes ses promesses. 

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