1 an de travail collectif pour une santé connectée mais pas déconnectée du réel
France Assos Santé a porté la voix des usagers tout au long des Assises de la télémédecine organisées par la Caisse nationale d’Assurance maladie et le ministère chargé de la Santé tout au long de l’année 2025. Elle a participé à 7 étapes régionales organisées au cours du dernier trimestre, soit au total un périple de près de 17 000km de Nancy à Saint-Denis, en passant par la Guyane et la Martinique.
Les échanges ont mis en lumière une conviction largement partagée : la télémédecine doit être mobilisée pour répondre aux défis de l’accès aux soins. Mais elle ne peut être un simple outil technique, ni une réponse uniforme à la désertification médicale. Elle n’a de sens que si elle s’inscrit dans des parcours de soins lisibles, coordonnés et ancrés dans les réalités territoriales, au service de tous les publics, en particulier les plus vulnérables.
Une première feuille de route
Le 26 janvier 2026, la ministre en charge de la santé a présentée, à l’occasion d’une conférence qui s’est tenue à Paris les principaux axes de la toute première feuille de route dédiée à la télémédecine pour la période 2026-2028, assortis de quelques mesures détaillées :
- Assouplissement du seuil maximal d’activité en télémédecine : ce plafond de 20 % maximum sera assoupli dans certains cas, pour des médecins en situation de handicap ou à la retraite, ou pendant des périodes sanitaires compliquées, à l’instar d’une épidémie ;
- Renforcement de la téléconsultation assistée par un infirmier ou un pharmacien : pour aider le patient, veiller au bon déroulé de la téléconsultation et l’orienter plus efficacement ensuite si besoin, et pour rendre aussi la téléconsultation plus accessible et efficace en EHPAD par exemple ;
- Obligation de déclaration préalable avant l’installation de cabines de téléconsultation : pour contribuer à la lisibilité de l’offre et éviter la concurrence entre organisations de soins ;
- Déploiement de la téléexpertise dans le réseau des Maisons France Santé. Ces organisations de santé impliquées dans la coordination des soins devraient à termes proposer des services de téléexpertise pour apporter aux patients des avis spécialisés rendus par voie numérique ;
- Référencement dans un annuaire des bornes et cabines de téléconsultation accessibles aux personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap.
Des annonces positives mais pas de changements structurels en vue
Dans l’ensemble, le discours et les annonces reflètent le consensus majeur qui a résonné tout au long de ces assises : la télémédecine ne doit plus être vue comme une médecine au rabais, mais doit conjuguer « territoire » et « coopérations » pour répondre aux enjeux d’accès aux soins. Les premières mesures présentées ne sont cependant pas tout à fait à la hauteur des attentes. Si elles vont dans le bon sens, le développement d’une télémédecine vertueuse et respectueuse passe par des changements plus structurels de l’offre de soins. L’enjeu ne consiste plus en une innovation technologique, mais organisationnelle, qui manque encore de soutien durable.
Une chose est sûre, le travail ne fait que commencer pour toutes les parties prenantes de ces assises. Le plan de la feuille de route a été dévoilé, reste à l’étoffer, lui donner corps. Pour ce faire France Assos Santé publie son Carnet de bord des Assises de la télémédecine, un retour sur la participation de près de 40 représentants associatifs rencontrés au fil des étapes régionales pour porter la voix des patients et usagers. France Assos Santé retient de sa participation des convictions fortes :
- La télémédecine ne peut améliorer l’accès aux soins que si elle est pensée comme un projet de parcours, ancré dans les territoires et centré sur les besoins des usagers ;
- La téléconsultation assistée apparaît indispensable pour garantir l’accessibilité, la qualité et le lien humain, en particulier pour les publics vulnérables et éloignés du numérique ;
- La pertinence des usages, la lisibilité de l’offre et l’inscription dans des organisations territoriales coordonnées sont essentielles pour éviter une télémédecine hors-sol ou subie ;
- L’agrément des sociétés de téléconsultation doit s’appliquer pleinement avec des programmes médicaux ambitieux et une transparence sur les tarifs et frais non remboursables autorisés, souvent cachés.
Désormais l’union va se doter, elle aussi, d’une feuille de route axée télémédecine pour soutenir les initiatives vertueuses dans les territoires. Mais nous comptons sur l’élan collectif de ces 12 mois d’assises nationales pour que, sur le terrain, chaque acteur joue son rôle de promoteur de bonnes pratiques et de catalyseur d’idées afin que les énergies de toutes et tous convergent. Une certitude : chacun trouvera la voix des patients pour éclairer les chemins numériques vers l’accès aux soins pour tous.

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